SUPER-HÉROS MALGRÉ LUI : La Bande à Fifi se prend pour les Avengers

Posté par Cinéma Canal le 8 septembre 2022
Pour son cinquième long-métrage en tant que réalisateur, Philippe Lacheau a concrétisé un de ses rêves d’enfance en enfilant le costume d’un super-héros devant la caméra. Avec SUPER-HÉROS MALGRÉ LUI (2022), la Bande à Fifi s’amuse à parodier l’un des genres les plus codifiés du cinéma américain, et ça fait des étincelles, au sens propre comme au figuré.
Badman, le premier super-héros français

Cédric (Philippe Lacheau) est un jeune acteur comme il en existe tant. Il enchaîne les castings et a du mal à décrocher des rôles. Heureusement, il reçoit un coup de pouce du destin : l’acteur choisi pour incarner « Badman », le premier super-héros français, a un petit accident lorsqu’il apprend la bonne nouvelle… Et voilà comment Cédric finit par récupérer le rôle dont il n’osait plus rêver. Mais le karma s’en mêle et il est à son tour victime d’un coup du sort en crashant la voiture du film. Un plantage lourd de conséquences, puisqu’il perd la mémoire et commence à croire qu’il est un véritable super-héros, parce qu’il se réveille dans le costume de Badman…

C’est le début pour lui d’une mission à laquelle il n’est absolument pas préparé, mais où il pourra compter sur l’aide des membres de la Bande à Fifi, qui deviennent eux aussi des super-héros improvisés en hommage aux Avengers : Gamora pour Elodie Fontan, Captain America pour Tarek Boudali et Iron Man pour Julien Arruti. SUPER-HÉROS MALGRÉ LUI regorge en effet de clins d’œil aux univers et aux longs-métrages Marvel et DC Comics, parodiés pendant tout le film pour le plus grand plaisir des fans biberonnés à ces blockbusters depuis une quinzaine d’années.

Philippe Lacheau et ses acolytes prennent un malin plaisir à reproduire à leur manière les attitudes et les postures emblématiques des super-héros, mais aussi certaines scènes devenues légendaires, comme le fameux « upside-down kiss » du SPIDER-MAN de Sam Raimi (2002), les personnages qui courent au ralenti dans la bataille finale d’AVENGERS: ENDGAME (Anthony et Joe Russo, 2019) – avec les plans de caméra et la musique épique qui vont avec – ou encore la danse réalisée par Joaquin Phoenix dans des escaliers new-yorkais pour JOKER (Todd Philips, 2019).

Construit sur un rythme effréné (le film dure moins de 90 minutes), SUPER-HÉROS MALGRÉ LUI enchaîne ainsi les gags visuels et les cascades improbables avec un goût prononcé pour l’humour burlesque et les blagues volontairement stupides et en-dessous de la ceinture, que les fans de la Bande à Fifi connaissent bien.

Une comédie aux influences multiples

Mais depuis ses débuts à la réalisation avec la comédie à succès BABYSITTING (2014), Philippe Lacheau a tout de même évolué. Il s’est notamment engagé en 2018 dans un virage pop qui préfigurait SUPER-HÉROS MALGRÉ LUI, avec NICKY LARSON ET LE PARFUM DE CUPIDON, adaptation de l’anime NICKY LARSON de Kenji Kodama (1987) et du manga CITY HUNTER de Tsukasa Hōjō (1985).

Grand admirateur des premières comédies culte des frères Farrelly comme DUMB AND DUMBER (1994) et MARY À TOUT PRIX (1998), Philippe Lacheau s’inspire aussi ouvertement de cet humour américain qui n’hésite pas à aller beaucoup plus loin que ce qu’on trouve habituellement dans les comédies françaises. Mais le réalisateur de SUPER-HÉROS MALGRÉ LUI confesse aussi une influence plus sérieuse, celle de la saga de films d’espionnage JASON BOURNE (2002-2016), dont il envisageait de parodier le personnage amnésique (Matt Damon), avant d’opter pour le ton plus léger d’un film de super-héros.

Et à ce propos, vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’en matière de blockbusters super-héroïques, Philippe Lacheau a un faible pour l’humour de James Gunn dans LES GARDIENS DE LA GALAXIE (2014) et pour la version du chevalier noir et de Gotham imaginée par Christopher Nolan dans la trilogie THE DARK KNIGHT (2005-2012).

Cela explique sans doute en partie le choix de parodier Batman pour le rôle principal de SUPER-HÉROS MALGRÉ LUI, mais on se réjouit quoi qu’il en soit de voir que le cinéma français commence tout doucement à oser des films de ce genre, enfin débarrassé de ses complexes vis-à-vis des moyens démesurés des blockbusters américains.

L’année 2021 a en effet vu aussi la sortie en France de COMMENT JE SUIS DEVENU UN SUPER-HÉROS (Douglas Attal), tentative sérieuse plutôt réussie avec Pio Marmaï, Benoît Poelvoorde et Leïla Bekhti, qui aurait mérité de sortir dans les salles comme c’était prévu au départ, et non sur Netflix. Heureusement, au vu du succès rencontré au box-office par SUPER-HÉROS MALGRÉ LUI (près de deux millions d’entrées), le prochain film de Philippe Lacheau ne risque pas de connaître le même sort.

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