CYCLE HUMPHREY BOGART, qu’il était beau mon anti-héros

Posté par Marc Larcher le 4 octobre 2021
Le joyau du film noir, c’est lui

Il y a le regard blasé, sans doute par ce que la vie lui offre depuis qu’il a mis les pieds sur terre, cet air d’avoir déjà tout vu et tout entendu, et la certitude de ne plus faire confiance à personne. En particulier aux femmes, surtout lorsqu’elles sont belles. Il faut y ajouter le reste de la panoplie : le Borsalino posé légèrement sur le côté de la tête, la cigarette allumée au bord des lèvres, l’imperméable à toute épreuve, la veste de costume croisée et quelque part dessous un revolver chargé. Au cas où. Voilà, avec ce personnage récurrent, l’acteur Humphrey Bogart est entré dans l’histoire du cinéma autant que dans la psyché collective.

Cynique, désespéré mais irrésistible

C’est cet archétype que célèbrent ce mois-ci CINÉ + et OCS, avec, à tout seigneur, tout honneur, le film qui l’a imposé au monde entier, CASABLANCA (1942) de Michael Curtiz. Il faut se souvenir de la scène au cours de laquelle le propriétaire du club qu’il incarne boit un verre avec des clients, des officiers français venus se distraire dans son établissement interlope : « Vous êtes de quelle nationalité ? » lui demandent-ils. « Je suis un ivrogne » répond-il sans sourire le moins du monde. « Ça fait de vous un citoyen du monde », conclut l’un d’eux pendant qu’ils s’esclaffent. Bogart est tellement cynique, tellement désabusé que son désespoir passe pour une pose. Le plus étonnant peut-être dans la carrière de l’acteur, c’est que ce personnage-là s’est imposé sur le tard, quasiment à la fin de sa carrière - il avait 43 ans au moment de la sortie du classique et 47 ans pour LE GRAND SOMMEIL (1946) de Howard Hawks. Et donc déjà des dizaines de films et de pièces de théâtre derrière lui. C’est peut-être parce que les réalisateurs ont enfin réussi à lui opposer de grands rôles féminins. Dans CASABLANCA, c’est Ingrid Bergman, innocente, toute de blanc vétue qui incarne l’amour inachevé revenant à l’improviste bousculer sa vie. Dans AFRICAN QUEEN (1951) de John Huston, c’est Katherine Hepburn avec laquelle il affronte les rapides et la guerre. Dans PLUS FORT QUE LE DIABLE (1953) de John Huston, Jennifer Jones et Gina Lollobrigida l’envoûtent, et dans SIROCCO (1951) de Curtis Bernhardt, c’est la méconnue Marta Toren qui s’en charge.

Le même homme à la ville comme à l’écran

Une de ces rencontres va entrer dans la postérité. Ce sera celle avec Lauren Bacall dans LE GRAND SOMMEIL, alors âgée de 22 ans, soit la moitié de son âge, elle fait plonger le détective Philip Marlowe dans un torrent d’embrouilles et de cadavres. Entre les deux acteuirs, l’alchimie est telle qu’ils vont s’aimer à l’écran puis à la ville, au point de se marier et de vivre ensemble jusqu’à la mort de l’acteur à l’âge de 57 ans. C’est là où Bogart se distingue de ses concurrents, au fil des films la frontière devient floue entre lui et ses personnages, ils picolent, lui aussi, ils tombent amoureux de femmes fatales, lui aussi. Et au passage, grâce à lui, nous aussi.

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram