FREE GUY, le blockbuster qui ridiculise les… blockbusters

Posté par Marc Larcher le 7 juin 2022
Et si notre vie n’était qu’un banal jeu vidéo ? Avec ce film, Shawn Levy réalise une hilarante critique des jeux et des films de super-héros tout en distrayant le spectateur. Aussi efficace que brillant
Un blockbuster anti-blockbuster

Il fallait oser se moquer à ce point des travers des films de super-héros tout en réalisant un blockbuster. Shawn Levy, le créateur de la retentissante trilogie LA NUIT AU MUSEE et le producteur de la série rétromaniaque STRANGER THINGS, a accepté le challenge en appuyant à fond sur l’accélérateur. Pour cela, il a un complice de choix, Ryan Reynolds, l’acteur qui incarne Deadpool, un autre personnage déjanté appartenant à la franchise Marvel. Autrement dit, on assiste à un hilarant métafilm qui commente les autres films du même genre et sa propre intrigue.

 

Quand le personnage principal découvre qu’il ne sert à rien

La ville où se déroule l’histoire s’appelle Free City et le héros Guy est un petit employé de banque. Fasciné par les super-héros en permanence en action autour de lui, Guy adore son existence. Avec un regret tout de même, il ne lui manque qu’une compagne avec qui partager son bonheur. Chaque jour, il se lève le matin, salue tout le monde d’un air joyeux dans la rue, puis se fait braquer sur son lieu de travail en compagnie de son collègue Buddy, l’agent de sécurité de la banque. Dans ce scénario particulièrement malin, Guy va découvrir qu’il est non seulement un personnage de jeu vidéo mais surtout un « PNJ », un personnage non-joueur. Autrement dit, un loser servant de défouloir aux joueurs, qui grâce à leurs avatars de héros, se permettent de faire n’importe quoi avec eux, de les blesser, de les tuer à l’infini... Dès lors, Guy va entreprendre de modifier son rôle et le jeu lui-même, d’autant plus qu’il tombe au même moment sous le charme de MolotovGirl (Jodie Comer, l’actrice de la série KILLING EVE), une super-héroïne particulièrement séduisante. Pour faire équipe avec elle, il doit passer un niveau et il a l'intention d'y parvenir en faisant le bien autour de lui. Bien sûr, un ennemi est caché dans la matrice même du jeu puisqu’une intelligence artificielle tente de s’en emparer de l’intérieur. Pour l’occasion, Shawn Levy a confié ce rôle à un autre réalisateur dingo, Taika Waititi, le cinéaste de THOR RAGNAROK. Inutile de préciser que les scènes de bataille,de bagarres et de destructions les plus folles vont se succéder à l’écran, bien sûr commentées par le personnage principal.

Une critique de la société de l’entertainment

Derrière la puissance comique de l’intrigue et des punchlines de Guy - « les gens aux lunettes de soleil, ils font tout ce qu’ils veulent dans la vie », « Cet homme est mort ! Oh, il dort comme un bébé », le spectateur peut se délecter d’une critique acerbe des blockbusters. Comme dans la franchise MATRIX, il s’agit de raconter que le monde n’est peut-être qu’une représentation et comme dans INVASION LOS ANGELES (1988) de John Carpenter, clairement cité, que celle-ci a pour but de nous distraire en nous empêchant de penser par nous-même. C’est pourquoi FREE GUY est aussi un film brillant sur le pouvoir du cinéma comme l’a été avant lui THE TRUMAN SHOW (1998) de Peter Weir. Il dénonce à la fois le trop plein d’effets spéciaux, le business des éditeurs de jeux vidéos, la violence par procuration qu’ils incarnent et la frustration des joueurs. Tout en étant ludique, un tour de force.

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