LA VIE EXTRAORDINAIRE DE LOUIS WAIN : Benedict Cumberbatch et des chatons, what else ?

Posté par Alexis Lebrun le 4 janvier 2022
Très en vue en cette fin d’année 2021, l’acteur britannique revient avec succès à l’une de ses grandes spécialités avec ce joli biopic. LA VIE EXTRAORDINAIRE DE LOUIS WAIN (Will Sharpe, 2021) lui permet cette fois d’incarner l'artiste réputé pour ses représentations de chats anthropomorphes, en compagnie d’un solide casting mené par Claire Foy.
Homme à chats

Mal connue en France, la vie de l’artiste britannique Louis Wain a été largement assez chaotique pour mériter un biopic. Aîné et seul garçon d’une fratrie de six enfants, il enterre son père jeune et se retrouve dans l’obligation de pourvoir aux besoins de sa mère et de ses sœurs. Car nous sommes à la fin du 19ème siècle en Angleterre, une époque rendue étouffante par ses contraintes et ses conventions ringardes. Tandis que ses talents d’illustrateur sont repérés par un journal pour qui il se met à travailler, ses sœurs font la connaissance d’Emily (Claire Foy), une gouvernante qui comme Louis n’est pas des plus respectueuses avec les conventions déjà évoquées. Le regard commun que ces deux-là portent sur le monde qui les entoure les rapproche immédiatement, et c’est le coup de foudre. Faisant fi de l’étanchéité sociale très stricte de la société victorienne, Louis épouse donc Emily, et ensemble, ils adoptent un malheureux chaton perdu sous la pluie, ce qui est aussi une curiosité à une époque où ces félins ne sont pas encore considérés comme des animaux de compagnie. Mais le bonheur du couple est de courte durée, puisqu’Emily tombe rapidement malade.

C’est à partir de ce bouleversement que Louis commence à briller par ses dessins de chats anthropomorphes et dotés de grands yeux, placés dans des situations humaines de la vie de tous les jours. Ses œuvres publiées dans les journaux sont tellement populaires qu’on lui reconnaît carrément un rôle dans le changement de regard de l’opinion publique britannique sur les chats, désormais plus seulement considérés comme des chasseurs de souris. Mais encore une fois, le malheur frappe Louis, dont la santé mentale se détériore. S'il était considéré comme schizophrène par ses contemporains, il n’en était probablement rien, et le film de Will Sharpe a le mérite d’inviter à avoir une autre perception des troubles dont Louis Wain souffrait, et qui étaient sans doute plus proches du syndrome d’Asperger. Déjà auteur de l’excellente série FLOWERS (2016-2018, Netflix), Sharpe réalise ici son premier film d’envergure, et impressionne par sa maîtrise technique. Bourré d’effets visuels variés et souvent exécutés de façon traditionnelle, le long-métrage épouse avec succès le regard d’artiste de son personnage principal, offrant des visions psychédéliques qui évoquent joliment l’œuvre de Louis Wain et son état mental tourmenté. Tourné au format 4/3 avec un cadrage soigné mais aussi très coloré, le film peut même lorgner parfois du côté de Wes Anderson.

La folle année 2021 de Benedict Cumberbatch

Décidément, on n’arrête plus l’acteur britannique. Déjà largement salué il y a quelques semaines pour sa prestation impressionnante dans THE POWER OF THE DOG (2021), le western de Jane Campion qui en fait un prétendant sérieux aux Oscars, le voilà déjà de retour chez Marvel dans la peau de Stephen Strange. Il a en effet participé à l’énorme carton des fêtes, SPIDER-MAN: NO WAY HOME (Jon Watts, 2021), avant de retrouver dans quelques mois le premier rôle pour le très attendu DOCTOR STRANGE IN THE MULTIVERSE OF MADNESS (Sam Raimi, 2022). On en oublierait presque qu’il figurait aussi cette année au casting de l’excellent DÉSIGNÉ COUPABLE (Kevin Macdonald) aux côtés de Tahar Rahim, Jodie Foster et Shailene Woodley. Mais ce n’est pas fini. En 2021, Benedict Cumberbatch a aussi incarné l’espion Greville Wynne dans le biopic UN ESPION ORDINAIRE (Dominic Cooke), film situé en pleine guerre froide. Dans LA VIE EXTRAORDINAIRE DE LOUIS WAIN, il retrouve Claire Foy avec qui il avait déjà partagé l’affiche il y a dix ans dans le film indé WRECKERS (Dictynna Hood, 2011). Si l’acteur commençait alors à être bien connu grâce bien sûr à son interprétation de Sherlock Holmes dans la série de la BBC, l’actrice britannique n’en était qu’à ses débuts.

Elle deviendra elle aussi une star internationale quelques années plus tard grâce à son rôle dans une grande série : THE CROWN (Peter Morgan, Netflix), où elle a joué Elisabeth II pendant deux saisons. Et elle n’est pas la seule star présente dans le film de Will Sharpe, puisque ce dernier s’est aussi offert les services de l’homme à tout faire Taika Waititi, du grand Nick Cave (dans la peau de H. G. Wells), mais aussi d’une autre interprète d’Elisabeth II dans THE CROWN, Olivia Colman, qui donne de la voix en tant que narratrice. On reconnaît aussi le visage d’Andrea Riseborough, inoubliable cette année dans le POSSESSOR de Brandon Cronenberg, mais aussi Richard Ayoade (The IT Crowd, Netflix), Aimee Lou Wood (SEX EDUCATION, Netflix), Sophia Di Martino, révélée dans la série LOKI (Michael Waldron, Disney+) et aperçue dans YESTERDAY (Danny Boyle, 2019), ainsi que Toby Jones et la jeune Indica Watson, présents tous les deux dans le film de Noël de cette fin d’année, UN GARÇON NOMMÉ NOËL (Gil Kenan, 2021). Et bien évidemment, tous les chats du long-métrage sont en chair et en os, donc à moins que vous soyez allergique, vous ne pouvez pas décemment passer à côté de cette opportunité de voir Benedict Cumberbatch avec un chaton dans ses bras, soit deux des meilleures choses du monde réunies dans un même film.

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