REMINISCENCE, quand la SF voyage dans le passé

Posté par Marc Larcher le 16 juin 2022
Lisa Joy, la co-créatrice de la série Westworld, réalise un ambitieux premier film dans lequel Hugh Jackman enquête dans ses souvenirs pour retrouver une mystérieuse jeune femme.
Miami, plongée sous les eaux

Ca commence par un plan séquence hallucinant. Dans un long mouvement aérien, la caméra avance au-dessus d’une ville en bonne partie immergée, on a tout d’abord du mal à croire puis il faut se rendre à l’évidence, c’est bel et bien une métropole américaine envahie par les eaux qu’on survole, Miami en l’occurrence.  Des canaux ont remplacé les rues, les bateaux, les voitures et l’on plonge au-dessus d’une rue avant de s’approcher d'un homme, Hugh Jackman, le héros du film. En quelques secondes, le spectateur est submergé par les informations et les émotions : nous sommes dans un futur proche, le réchauffement climatique a complètement modifié le paysage urbain, la société s’est adaptée et certains individus ont su tirer leur épingle du jeu.

Une mystérieuse femme tirée du passé du héros

REMINISCENCE joue cartes sur table : cette dystopie sera subtile et crédible, pas de monstres ni de vaisseaux spatiaux. On reconnaît bien là la patte de la réalisatrice Lisa Joy dont c’est le premier film. Elle s’était fait connaître aux côtés de Jonathan Nolan à la direction de la série futuriste WESTWORLD diffusée sur HBO et OCS en France. Mais attention si les intentions du film sont claires, l’histoire sera néanmoins complexe. Nick Bannister (Hugh Jackman) a une occupation très particulière : il commercialise une plongée dans le passé de ses clients. C’est que confrontés au spectre d’une guerre mondiale, les habitants préfèrent se réfugier dans leurs souvenirs plutôt que d’affronter une triste réalité. Le vétéran, leur fournit ce service grâce à une machine qui lui permet de reconstituer et projeter les scènes mentales souhaitées par ses clients. Un soir, une mystérieuse jeune femme, Mae (Rebecca Ferguson), y recourt afin de retrouver ses clés. Il entame une brève liaison avec elle avant qu’elle disparaisse. Comme envoûté, il commence une enquête dans sa propre mémoire, où elle apparaît désormais et semble lui servir de guide vers un passé qu’il ignorait. Bien entendu, les cinéphiles vont repérer différents liens vers d’autres films de SF retentissants comme BLADE RUNNER (1982) de Ridley Scott pour la traversée d’une ville du futur et l’enquête sur le passé du héros, MATRIX (1999) des frères Wachowski pour l’exploration d’un monde parallèle ou même SOLEIL VERT (1973) de Richard Fleischer. Hugh Jackman n’est d’ailleurs pas sans rappeler Charlton Heston, un autre héros désabusé qui doit enquêter dans un monde qu’il ne comprend plus tout à fait. En un mot, nous sommes vraiment en bonne compagnie.

Un film noir du futur

Habilement, le film mêle des menaces tirées du passé du héros mais aussi du présent. Son business est menacé par une concurrence plus sophistiquée, l’énorme digue qui protège Miami d’une submersion totale par l’océan Atlantique risque de s’effondrer à tout moment. Surtout Lisa Joy tisse une ambiance très particulière influencée par les films noirs du siècle dernier, Nick Bannister porte une gabardine comme les grands privés des années 40, il vit comme eux dans un monde corrompu et est hanté par le souvenir d’une femme fatale. Nous voilà nous aussi replongés dans le passé, celui du cinéma. La boucle temporelle est bouclée.

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