THE DESPERATE HOUR : Naomi Watts face à la mort au bout du fil

Posté par Cinéma Canal le 31 mai 2022
À 53 ans, l’actrice révélée en 2001 par David Lynch ne semble toujours pas décidée à accepter des rôles faciles. Face à la caméra de Phillip Noyce, spécialiste du cinéma d’action qui a déjà dirigé Angelina Jolie, Nicole Kidman et Meryl Streep, la voilà qui incarne une mère courage coincée dans une situation inimaginable avec son smartphone pour seul allié.
Un jogging matinal qui tourne mal

Décidément, Amy Carr n’est pas vernie. Cette mère américaine de deux enfants a déjà perdu son mari dans un accident de voiture il y a peu, et quand elle se décide à prendre une journée de repos pour aller courir en forêt, elle reçoit une alerte terrible sur son téléphone. L’école de son fils est bouclée, car un homme s’est introduit à l’intérieur et a ouvert le feu sur les élèves. Amy espère alors très fort que son ado déprimé par la mort de son père n’est pas sorti du lit, mais ce serait lui rendre la vie trop facile. Perdue au milieu de la forêt à des kilomètres de l’école de son fils, elle se sent forcément impuissante face au drame qui se joue. Il ne lui reste plus qu’à courir et à utiliser le seul outil à sa disposition pour tenter d’agir : son smartphone.

Voilà le cadre simple mais redoutablement efficace de l’intrigue écrite par Chris Sparling (scénariste de GREENLAND de Ric Roman Waugh en 2020), et qui fait de THE DESPERATE HOUR (2021) un thriller en temps réel (le film ne dépasse pas 80 minutes) au suspense assez insoutenable. Armée de son seul téléphone, Naomi Watts réalise un seul en scène impressionnant dans ce « huis clos forestier », capable de transmettre de façon réaliste toutes les émotions par lesquelles peut passer une mère dans pareille situation. Son tour de force permet d’ailleurs à Phillip Noyce de faire oublier qu’on ne voit jamais la scène qui se déroule dans le lycée : toute la tension dramatique passe par le téléphone d’Amy et ses innombrables échanges avec tous les interlocuteurs potentiellement en mesure de l’aider.

Quand la menace vient du téléphone…

Aussi malin soit-il, ce dispositif narratif a évidemment déjà été utilisé quelques fois au cinéma, avec plus ou moins de succès. On se souvient bien sûr qu’en 2002, Joel Schumacher avait réalisé l’un de ses meilleurs films en coinçant Colin Farrell dans une cabine téléphonique de New York, avec un sniper à l’autre bout du fil, pour le menacer d’une mort immédiate s’il raccrochait le combiné. Dans BURIED (Rodrigo Cortés, 2010), Ryan Reynolds vivait une situation guère plus enviable, en étant carrément enterré vivant dans un cercueil, avec un portable comme seul moyen de contact avec l’extérieur. Impossible de ne pas citer aussi LOCKE (Steven Knight, 2013), où seul Tom Hardy apparaît à l’écran, au volant d’un camion, mais en communication avec du beau monde (Olivia Colman, Tom Holland…).

Et très récemment, on a encore vu une star hollywoodienne se prêter à ce petit jeu angoissant dans THE GUILTY (Antoine Fuqua, 2021), puisque Jake Gyllenhaal y incarne un opérateur téléphonique du numéro d’urgence américain – le fameux 911 –, confronté à une situation inextricable : l’appel d’une jeune femme qui vient d’être enlevée. On le voit, cet exercice hautement périlleux du seul en scène au téléphone et à huis clos n’est pas réservé à n’importe qui, et il a quand même fallu attendre 2021 pour qu’un tel rôle soit enfin confié à une grande actrice. Après MULHOLLAND DRIVE et ses nominations aux Oscars pour 21 GRAMMES (Alejandro González Iñárritu, 2004) et THE IMPOSSIBLE (Juan Antonio Bayona, 2012), Naomi Watts rappelle – si cela était nécessaire – qu’elle appartient bien à cette catégorie avec THE DESPERATE HOUR.

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