TOM CRUISE, CORPS ET ÂME, un docu sur l'acteur le plus mystérieux d'Hollywood

Posté par Marc Larcher le 12 novembre 2021
Ce documentaire retrace avec brio le parcours de l’acteur et dévoile des facettes cachées de sa personnalité.
Le beau gosse à la volonté de fer

Avec lui, il ne faut pas se fier aux apparences. Le sourire carnassier pour pub de dentifrice est bien là, les yeux bleus perçants aussi, comme le physique impeccable malgré les années, quel que soit l’angle avec lequel on le regarde, l’imagerie hollywoodienne saute aux yeux : Tom Cruise ressemble à une pub pour Tom Cruise. Et pourtant, sa personnalité et son histoire sont bien plus complexes que l’image qu’il renvoie au public depuis ses débuts. C’est un des premiers enseignements du documentaire de Régis Brochier. Tout d’abord, malgré son allure de playboy californien, l’acteur est bel et bien un petit gars de la côte Est. Dyslexique, illettré, il vit à Syracuse puis à Saint-Louis dans l’ombre d’un père tyrannique qu’il fuit en pratiquant la lutte et en prenant des cours de théâtre. Il ne mesure qu’1m70, il ne connaît personne dans le milieu mais il fonce à New York en espérant monter sur les planches. Tom Cruise, c’est découvre-t-on au fil du doc, un self-made man qui a ouvert toutes les portes à coups de pied et qui ne craint personne. Pas étonnant que vingt-ans plus tard, il soit l’acteur le mieux payé, avec un cachet de 100 millions pour LA GUERRE DES MONDES de Steven Spielberg (2005) et de 290 millions pour la série des Mission Impossible lancée en 1996.

Les années 80, c’est lui

Surtout, ce que les metteurs en scène ont repéré en premier chez lui, c’est derrière sa gueule d’ange, bien utile pour les films de teenagers à la mode dans les eigthies, une intensité rarement vue. Cruise vit son rôle à fond et crève immédiatement l’écran. Francis Ford Coppola ne s’y trompe pas en l’employant aux cotés de Matt Dillon dans OUTSIDERS (1983), suivront RISKY BUSINESS de Paul Brickman où il décroche le premier rôle, une entrée dans le monde de l’heroic fantasy avec LEGEND (1985) de Ridley Scott puis TOP GUN de Tony Scott, film qui fait instantanément de lui une star internationale. Et qui au passage, apprend-on, fait monter le taux de recrutement dans la Navy de 500%. Sa carrière va vite, très vite mais il fait les bons choix. Le voilà sous la direction de Martin Scorcese dans La COULEUR DE L'ARGENT (1986) aux côtés de Paul Newman qui semble lui passer le relais en tant qu’ancien beau gosse préféré de l’Amérique. Son rôle inoubliable de petit frère protégeant son aîné autiste dans RAIN MAN (1988) de Barry Levinson fait oublier sa prestation de barista dans COCKTAIL, comédie conçue pour ses nombreuses fans. Il ose également se vieillir pour jouer un vétéran de la guerre du Vietnam cloué dans un fauteuil roulant chez Oliver Stone. A 30 ans, il a déjà été nommé deux fois pour l’Oscar du meilleur acteur. On peut difficilement faire mieux.

Un savant dosage entre blockbusters d’action et films d’auteur

À force de rôles dans des registres aussi différents, on finit par oublier qui se cache derrière ses personnages. C’est ce qu’essaie de déchiffrer le documentaire. Un redoutable homme d’affaires d’abord, souvent producteur de ses plus grands succès, un séducteur qui multiplie les aventures, les mariages et les divorces avec les plus grandes actrices (Nicole Kidman, Katie Holmes, Penelope Cruz, Rebecca de Mornay), un des pontes de l’Eglise de scientologie, un mouvement très controversé, considéré comme une secte ou une religion selon les pays. Et qui est souvent à la source de ses séparations. Puis, et ce n’est pas anodin, son étonnante capacité à ralentir le vieillissement, l’acteur va en effet avoir 60 ans cet été et il continue à en paraître à peine 40. Le doc prend également soin de s’attarder sur sa capacité à casser son image en choisissant des rôles improbables dans lesquels il excelle. On pense au gourou masculiniste de MAGNOLIA (1999) de Paul Thomas Anderson, au producteur grossier de TONNERRE SOUS LES TROPIQUES  (2008) de Ben Stiller, à l’implacable tueur à gages errant la nuit à Los Angeles dans COLLATERAL de Michael Mann (2004) ou au bourgeois coincé entre sa morale et ses désirs (EYES WIDE SHUT) en 1999 pour le tournage le plus long de l’histoire du cinéma. Avec le réalisateur Stanley Kubrick, c’est peut-être d’ailleurs la seule fois où l’acteur rencontre une personnalité encore plus directive que lui. Grâce à ce doc, on croit au final avoir compris une chose : le point commun de la filmographie de Tom Cruise, de sa carrière et de sa vie privée, c’est sans doute le contrôle. L’acteur-producteur ne laisse rien au hasard, il modèle son parcours, il plie le monde à sa volonté. Et jusqu’à présent, c’est lui qui gagne.

 

TOM CRUISE, CORPS ET ÂME, un documentaire disponible sur CINE +.

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