« Au nom du rose », un doc en immersion dans la saison du Stade Français

Posté par Alexis Lebrun le 21 juin 2022
Pendant les premiers mois de l’année 2022, le journaliste sportif Etienne Pidoux a suivi l’équipe de rugby parisienne dans sa tentative de remontée au classement du Top 14. Une entreprise mouvementée qui donne un documentaire sans langue de bois.
Un club pas comme les autres

Dans le monde du rugby, le Stade Français est un club à part. À part car grâce à plusieurs coups d’éclat médiatiques, il a réussi à se faire connaître du grand public, bien au-delà du cercle des fans de ballon ovale.

Le documentaire d’Etienne Pidoux les rappelle brièvement : il y a bien sûr eu le calendrier dénudé des « Dieux du Stade », les shows imaginés sous l’ère Max Guazzini (1992-2011) – avec des pom-pom girls ou les danseuses du Moulin rouge par exemple – pour remplir le stade en faisant le spectacle, et bien sûr le célèbre maillot rose, qui a fait grand bruit à son lancement en 2005, mais qui est devenu grâce à son succès l’un des éléments constitutifs de l’identité du club.

Une identité qui ose dépoussiérer les vieux codes du rugby pour le démocratiser, quitte à provoquer gentiment.

Renouer avec un passé glorieux

Mais le Stade Français, ce n’est pas évidemment pas que cette image un brin fantasque. Sous l’ère Max Guazzini, le club remporte pas moins de cinq titres de champion de France (1998, 2000, 2003, 2004, 2007) – sur les quatorze qu’il compte depuis sa création il y a plus d’un siècle.

Depuis, même si le Stade Français a remporté un nouveau bouclier de Brennus en 2015 et un Challenge européen en 2017, ses résultats ne sont plus à la hauteur de son passé glorieux, et sur le plan sportif, il est désormais habitué à être dépassé par son voisin francilien du Racing 92.

Une situation qui ne peut pas durer pour un club de tel standing. Interviewé dans le documentaire, Hans-Peter Wild, le milliardaire suisse qui en est propriétaire depuis 2017, ne lésine d'ailleurs pas sur les moyens pour lui permettre de retrouver les sommets, mais ce processus prend du temps.

Une saison à oublier

Car après une saison 2020-2021 marquée par un retour dans le top 6 qualificatif pour les barrages de la phase finale, le cru 2021-2022 ne restera pas dans les mémoires des supporters. Pourtant, quand Etienne Pidoux commence à filmer le club le 1er janvier dernier, tous les espoirs sont encore permis pour le Stade Français au classement du Top 14. Mais malgré quelques résultats encourageants – dont deux victoires in extremis contre l’ennemi toulousain –, la deuxième moitié de saison finit par tourner au cauchemar en se terminant par une série de défaites humiliantes, notamment lors de plusieurs derbys contre le Racing 92.

Filmé au plus près des joueurs et de l’entraîneur argentin Gonzalo Quesada (artisan du titre de 2015) dans le vestiaire parisien, le documentaire n’élude rien, des problèmes du talonneur australien Tolu Latu – mis à l’écart du groupe après plusieurs erreurs, puis poussé vers la sortie avant la fin de saison –, aux critiques exprimées par Hans-Peter Wild contre les joueurs et certains membres du staff dans une interview assassine pour le journal L’Équipe.

Mais heureusement, si cette saison est loin d’être rose, le film prend aussi le temps d’évoquer la fin de carrière émouvante d’Antoine Burban, troisième ligne qui aura passé toute sa carrière (seize ans) au Stade Français, depuis ses débuts en 2006. Et qui deviendra dès la saison prochaine l’un des plus fervents supporters stadistes, dans l’espoir de voir les roses retrouver des couleurs.

Au nom du rose, un documentaire disponible sur CANAL+.