CAMILLE LELLOUCHE : AUTHENTIQUE, le portrait intime d’une artiste touche-à-tout

Devenue très rapidement un nom incontournable de l’humour, Camille Lellouche a aussi explosé récemment en tant que chanteuse, en parallèle d’une carrière de comédienne. C’est ce parcours déjà très riche et une histoire personnelle pas toujours rose que le réalisateur Philippe Lézin raconte dans ce documentaire émouvant.
L’arrivée d’une tornade de l’humour

Pendant plusieurs années, le documentariste a suivi Camille Lellouche dans les coulisses de sa tournée, jalonnée par des dates marquantes. De La Cigale à L’Olympia en passant par la Salle Pleyel et les Zénith, on mesure le chemin parcouru par celle qui s’est révélée au milieu des années 2010 avec ses vidéos postées sur les réseaux sociaux, où elle incarnait des personnages qui font rire et parfois réfléchir en même temps, comme la désormais célèbre « femme de Lenny », un sketch très personnel qui fait écho au parcours tourmenté de Camille Lellouche (voir plus bas).

Ces personnages féminins souvent doux-amers sont inspirés des femmes rencontrées par l’artiste (notamment lorsqu’elle travaillait dans la restauration), et se retrouvent dans son spectacle Camille en vrai, qui remplit toutes les salles de France. Après ses débuts à Marseille, sa carrière d’humoriste est lancée, et elle est adoubée par son idole de jeunesse – dont elle est aussi une héritière sur scène – Gad Elmaleh, qui fait partie des nombreux témoins du film, et qui raconte comme beaucoup d'autres les émotions très singulières provoquées par Camille Lellouche sur scène. Mais l’humour ne suffit pas à cette artiste, dont le premier amour est la musique.

La consécration aux Victoires de la musique

Camille Lellouche le dit elle-même dès l’introduction du documentaire, elle n’est « pas une humoriste qui chante, mais une chanteuse qui fait de l’humour », une dualité que l’on retrouve dans ses spectacles, où le rire et la musique se mêlent et s’entrechoquent avec cette artiste qui ne se sépare jamais de son piano à queue. L’occasion pour le film de rappeler qu’elle a commencé à apprendre cet instrument très jeune, en passant notamment par le conservatoire. Mais alors qu’elle rêve de devenir chanteuse, elle se heurte à un mur pour ses débuts dans la musique, en étant très sèchement recalée par le jury lors des castings de la Nouvelle Star, dans une séquence très gênante avec André Manoukian et Philippe Manœuvre sur laquelle le film ne craint pas de revenir.

Heureusement, Camille Lellouche est têtue comme une mule, et son obstination finit par payer, puisqu’en 2015, son talent pour le chant est cette fois repéré par le jury d’un autre célèbre télécrochet, The Voice, au terme duquel elle fait une tournée des Zénith qui l’oblige à mettre en pause ses débuts prometteurs d’humoriste. En parallèle aussi, Camille Lellouche commence à écrire ses propres chansons, et si son Coco Corona devient viral auprès du public pendant le confinement, c’est avec la ballade Mais je t'aime, chantée en duo avec Grand Corps Malade, qu’elle est sacrée cette année aux Victoires de la musique.

La reconstruction par l’art

Riche en témoignages de proches, le documentaire donne notamment la parole à la maman de Camile Lellouche, dont cette dernière est très proche. L’artiste évoque aussi avec une certaine émotion sa relation compliquée avec son père très exigeant, mais également le rôle fondamental joué par ses grands-parents, fans de classique et toujours présents pour l’encourager à ses débuts dans la musique. Mais le film se penche aussi sur un épisode traumatisant de la vie de Camille Lellouche, les violences conjugales dont elle a été victime dans une relation passée, et qui inspirent forcément la façon très personnelle dont Camille Lellouche aborde ce sujet ô combien important dans ses spectacles, et dans sa récente chanson N'insiste pas.

Aujourd’hui, celle qui se définit elle-même comme névrosée se soigne avec la scène et l’amour du public, mais Franck Gastambide n’est pas le seul à penser que sa carrière ne fait que commencer. Perfectionniste et ambitieuse, Camille Lellouche veut percer partout à la fois, notamment au cinéma où elle a fait ses débuts en 2013 après avoir été repérée par Rebecca Zlotowski. Un domaine où son mélange de sensibilité, de force et d’authenticité ne peut que faire mouche, encore une fois.

CAMILLE LELLOUCHE : AUTHENTIQUE, un documentaire disponible le 19 novembre sur CANAL+.