Dolorès, la malédiction du pull-over rouge : le docu-fiction sur l’affaire Ranucci/Rambla

Au moment où l’on célèbre le quarantième anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France, une Création Documentaire CANAL+ revient en quatre épisodes sur le parcours meurtrier de Jean-Baptiste Rambla, témoin capital dans l’histoire du meurtre de sa sœur par Christian Ranucci, avant de devenir lui-même un assassin.
Le crime fondateur

L’histoire tragique de Jean-Baptiste Rambla commence en 1974. Alors âgé de seulement 6 ans, il est le seul témoin direct de l’enlèvement à Marseille de sa sœur Marie-Dolorès, qui sera retrouvée sauvagement assassinée quelques heures plus tard. Cette affaire, c’est bien sûr celle tristement célèbre de Christian Ranucci, considéré comme l’auteur des faits par la justice, qui le condamne à être guillotiné à l'été 1976.

Comme tout ce docu-fiction réalisé par Julien Seri, ce premier chapitre traumatisant de la vie de Jean-Baptiste Rambla est raconté à partir d’images d’archives, d’interviews avec des personnes ayant travaillé sur l’affaire à l’époque, et surtout de reconstitutions tournées avec des comédiens. Cela permet notamment d’entrer au sein du foyer de la famille Rambla, où personne ne remarque le sentiment de culpabilité grandissant du petit Jean-Baptiste, qui est le dernier à avoir vu sa sœur, et dont le témoignage hésitant devant les enquêteurs deviendra central dans les futurs rebondissements de l’affaire Ranucci. Autrement dit, le plus dur est encore à venir pour lui.

Le Pull-over rouge

Car l’exécution de Christian Ranucci ne signe pas la fin de l’affaire, bien au contraire. Nous sommes alors à la fin des années 1970 en France, et le débat sur l’abolition de la peine de mort fait rage. Passionnée par cette affaire très médiatisée, la population se divise sur la culpabilité de Christian Ranucci et sur la pertinence de la peine capitale face au risque d’exécution de potentiels innocents. Ce climat qui pèse déjà énormément sur la famille Rambla va atteindre son apogée avec la parution en 1978 d’un livre de Gilles Perrault, Le Pull-over rouge, qui deviendra un best-seller en mettant en doute la culpabilité de Christian Ranucci, et en évoquant une pièce négligée du dossier, à savoir un pull-over rouge retrouvé à proximité du corps de la victime.

Le phénomène est tel qu’un an plus tard, une adaptation du livre sort déjà au cinéma (réalisée par Michel Drach), ce qui fait scandale dans plusieurs villes du Sud de la France, où certains maires tentent de l’interdire, tandis que quelques parties du film sont censurées à la demande de la famille Rambla. Pour ses membres, l’atmosphère est maintenant irrespirable : Ranucci est devenu un symbole de la lutte contre la peine de mort (il est cité dans le célèbre discours de Robert Badinter devant l’Assemblée nationale), et Jean-Baptiste, comme son père, deviennent presque accusés d’avoir fait exécuter un innocent, ce qui crée d’énormes tensions au sein du foyer et Jean-Baptiste Rambla continue d’encaisser dans son coin, rongé désormais par une deuxième couche de sentiment de culpabilité.

L’explosion de la bombe à retardement

Et c’est ainsi que trente après l’enlèvement et l’assassinat de sa sœur, Jean-Baptiste Rambla devient à son tour un meurtrier. En juillet 2004, il étrangle son employeuse, Corinne Beidl, un acte pour lequel il restera en prison jusqu’en 2015.

Deux ans plus tard, il égorge Cintia Lunimbu, une femme qu’il ne connaît pas mais chez qui il s’est introduit. Les procès n’ont pas permis de faire la lumière sur les motivations de Jean-Baptiste Rambla, mais ce dernier n’en a pas encore fini avec la justice : il a fait appel de sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité au mois de décembre 2020.

Dolorès, la malédiction du pull-over rouge, une Création Documentaire disponible sur CANAL+ à partir du 14 octobre.