Nadia, le destin hors du commun d’une réfugiée afghane devenue star du PSG

Posté par Alexis Lebrun le 8 octobre 2021
La réalisatrice Anissa Bonnefont signe un documentaire émouvant sur une joueuse au parcours pas comme les autres. Pendant plus d’un an, elle a suivi la joueuse de foot Nadia Nadim, née en Afghanistan mais réfugiée au Danemark après l’assassinat de son père par les talibans lorsqu'elle était enfant.
Aller sans retour

L’histoire de Nadia Nadim commence par une fuite tragique : en 2000, sa mère rassemble toutes ses économies pour quitter l’Afghanistan avec ses cinq filles. Ancien général de l’armée afghane, son mari vient en effet d’être exécuté par les talibans au pouvoir, et il n’y a aucun avenir pour une famille de six filles dans un pays sous leur coupe.

Vingt ans après ce départ, Nadia Nadim raconte à Anissa Bonnefont ce périple forcément mouvementé et achevé au Danemark, où elle finira par être naturalisée quelques années plus tard. Le pays accueille toute la famille Nadim dans un camp de réfugiés, et Nadia est immédiatement attirée par le terrain de foot qui se trouve juste à côté. Elle est acceptée par un club du coin et rapidement, son talent ne passe pas inaperçu auprès des yeux avisés : le Danemark est une place forte du football féminin.

Un titre historique

Pendant plusieurs années, Nadia Nadim arpente donc les terrains de plusieurs clubs danois, et dès 21 ans, elle rejoint même la sélection du pays, avec qui elle vivra une riche carrière internationale. Son chemin la mène ensuite de l’autre côté de l’Atlantique puis de la Manche, mais c’est en France que son parcours atteint son apogée. Entre 2019 et 2021, elle évolue sous les couleurs prestigieuses du club de la capitale, où elle contribue à mettre fin à l’interminable règne de l’Olympique lyonnais en D1 féminine (quatorze titres consécutifs).

C’est l’année de ce titre de championne de France qu’Anissa Bonnefont a eu la chance de pouvoir suivre la joueuse attaquante pour son documentaire. L’occasion de constater qu’en plus d’avoir de l’or dans les pieds, Nadia Nadim est aussi une jeune femme qui incarne tout ce que les talibans détestent : engagée auprès de plusieurs organismes, polyglotte et ouverte sur le monde, elle poursuit en parallèle de sa carrière des études pour devenir chirurgienne reconstructrice quand elle aura raccroché les crampons.

L’impossible retour au pays

Nadia n’en est pas encore là. Après avoir décroché le titre de championne de France en juin dernier avec le PSG, elle a repris la direction des Etats-Unis pour un ultime défi sportif dans le championnat américain. Mais avant cela, on découvre dans le documentaire qu’elle tenait absolument à retourner en Afghanistan pour mettre la main sur les médailles de son père, enterrées dans un jardin. Malheureusement, cette envie de renouer avec ses origines se heurte à la terrible réalité du pays : au moment où le documentaire est tourné, l’Afghanistan n’est pas encore retombé aux mains des talibans, mais les habitants vivent sous la menace permanente des attentats fomentés par les extrémistes religieux de tout poil.

Malgré sa détermination forgée par les épreuves passées, elle doit renoncer à ce projet : sa sécurité ne peut être assurée sur place, et ce dénouement est rendu plus triste encore par les événements tragiques du mois d’août dernier. Nadia Nadim n’est pas encore près de retrouver la trace de son père, mais comme elle le dit si bien en conclusion du film, elle a déjà vécu tellement de choses en seulement 32 ans que la deuxième partie de sa vie risque d’être encore bien animée. Et on peut parier qu’elle méritera vite une suite à ce documentaire.

NADIA, un documentaire disponible sur CANAL+.