« Ukraine : des femmes dans la guerre », un doc en hommage au courage des Ukrainiennes

En compagnie de la photojournaliste Véronique de Viguerie, les réalisateurs Charles Comiti et Julien Boluen sont allés à la rencontre des femmes ukrainiennes qui participent aussi de diverses façons à la défense du pays contre l’invasion russe, avec un courage et une capacité de résistance qui suscitent l’admiration.
Des femmes au combat

Le documentaire le rappelle dans ses premières minutes, la mobilisation générale décrétée en Ukraine après le début de l’invasion russe le 24 février concerne tous les hommes valides de 18 à 60 ans, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas quitter le pays, au contraire des enfants et des femmes. Pour autant, ces dernières sont encore présentes en masse en Ukraine, et certaines ont même décidé de prendre les armes pour défendre leur patrie. C’est le cas de Maroussia, une commandante dont les deux enfants sont désormais exilés en Pologne, mais qui est l’une des premières à avoir rejoint l’armée en 2014 lors de la déstabilisation du Donbass par les séparatistes pro-russes.

À Kiev, celle qui est qualifiée de « Jeanne d’Arc des steppes » défend la capitale contre l’envahisseur en dirigeant des centaines d’hommes, le tout en veillant aussi sur ses proches et voisins restés sur place. On découvre aussi le quotidien d’une jeune femme (Iana, la trentaine), déterminée à combattre sur la ligne de front, où elle a pu être exceptionnellement accompagnée par l’équipe du documentaire. Au quotidien, elle creuse des tranchées dans lesquelles elle dort malgré la pluie, dans des conditions qui rappellent forcément quelque peu la Première Guerre mondiale.

Des femmes qui luttent pour leur survie

Mais le film le montre également, d'autres femmes qui font "simplement" le choix de ne pas quitter leur pays sont aussi admirables. C’est le cas de Sophia, une jeune mère de 20 ans qui survit seule avec son fils en se terrant dans le métro de Kharkiv pour échapper aux bombardements. Dans des conditions d’hygiène forcément très sommaires, elle est obligée d’allaiter son enfant en l’absence de nourriture adaptée pour lui.

De son côté, Irina vit une situation malheureusement un peu similaire, puisqu’elle dort dans la cave de son immeuble avec sa fille, qui n’est pas encore en âge de comprendre la guerre et qui vit donc dans une relative ignorance, malgré les règles de sécurité que la famille doit respecter au quotidien.

Des femmes face à l’horreur

Et puis il y a celles qui ont le malheur d’habiter dans les villes martyrisées par l’armée russe, comme celles très tristement connues désormais de Boutcha ou Irpin. L’équipe du documentaire y a notamment fait le déplacement pour que la photojournaliste Véronique de Viguerie puisse documenter ces crimes qui appartiennent à l’histoire tragique de cette guerre. Ils y font la rencontre d’un couple à la recherche de leur fils disparu et confrontés à l’épreuve insupportable de faire le tour des morgues où les cadavres de civils suppliciés sont entassés par dizaines, quand ce n’est pas par centaines.

Quant à Natacha et à sa fille Vika, elles découvrent l’horreur après le retrait de l'armée russe, en sortant pour la première fois d’une cave où elles sont restées cachées pendant quarante jours, mais où elles ont quand même reçu la visite de soldats ennemis, renvoyés dans leurs pénates par les mots des deux Ukrainiennes. Mais toutes n’ont pas eu le même succès. Le documentaire rappelle ainsi que devant l’ampleur des viols commis par l’armée russe, le nombre de victimes ou de témoins traumatisées qui ont besoin d’aide est impossible à estimer pour l’instant. Mais les Ukrainiennes ne comptent pas en rester là : des enquêtes sont en cours, et elles espèrent bien que justice soit faite.

Ukraine : des femmes dans la guerre, un documentaire disponible sur CANAL+.