GENERA+ION, la série Queer qui souffle un vent de liberté

Posté par Marc Larcher le 26 septembre 2021
En se plongeant dans le quotidien "woke" d’une bande de lycéens d’Orange County en Californie, la nouvelle série de HBO MAX disponible sur le 30 septembre sur CANAL+ est plus que jamais inclusive et détricote les clichés des ados dans les séries. Alors, prêts à découvrir cette nouvelle génération ?
Sexe, genre et identités à toutes les sauces

« Ils sont tous là à dire, je suis ci, je suis ça… Il y a une époque où tous les gens étaient juste… normaux ». La maman qui dit ça est dans l'incompréhension. Elle est comme tous les parents d’élève de ce lycée d’Orange County en Californie débordée par la place prise par les identités de leurs ados. Gay, hétéro, bi, placardisé ou pas, libéral, conservateur… toutes les options sont possibles et seront peu à peu révélées au grand jour. C’est en effet le sujet principal de GENERA+ION, la nouvelle série HBO au parfum de scandale qu’on retrouve sur CANAL+. Et comme à chaque fois avec la chaîne américaine, c’est spectaculaire, bien ficelé, malin et dans l’air du temps dans la lignée de The White Lotus, Succession, Game of Thrones ou Westworld.

Tout d’abord, il y a une liberté de ton dans les dialogues qu’on a rarement entendue à la télévision. Sauf peut-être chez « Euphoria », autre série centrée sur les ados qui avait propulsé la carrière de Zendaya en 2019. Cette fois-ci, le curseur est placé un, voire deux niveaux plus haut. La seule scène d’ouverture collera les spectateurs à leur canapé ou les fera quitter la pièce. Il sera pendant cette première saison question d’intimité, de sexualité, de corps, de désirs et de toutes les complications, petits tracas ou véritables drames, que cela peut entraîner chez les adolescents et leurs familles.

Des personnages aux fortes personnalités

Pour mieux coller à cette réalité, la série a la bonne idée d’adopter un format court – chaque épisode dure moins de 30 minutes sauf le pilote – qui colle bien aux trépidations de l’intrigue et à la vitesse des héros. La dizaine de protagonistes forme une galerie de personnalités sans doute encore jamais vue de manière aussi précise dans l’univers des séries. Il y a d’abord Chester, l’étudiant gay flamboyant, Sam, le beau conseiller d’orientation bienveillant, Riley le photographe, Naomi, la jeune fille un peu à l’ouest, Nathan, son frère jumeau bisexuel, Greta la lesbienne timide, Arianna, la fille à papa, Megan, la mère rabat-joie et d’autres personnages qui gravitent autour d’eux.

Le monde des adultes est incarné par l’établissement scolaire qui dès le premier épisode inflige une amende à Chester parce qu’il enfreint, avec son mini crop-top, son collier de chien jaune et ses ongles bleus, le règlement vestimentaire « pour la troisième fois depuis le début de l’année ». Pour sa défense, le garçon se contente d’affirmer qu’il se fout de tout, qu’il est "too much" (trop, en anglais) et que s’il doit « porter quelque chose qui vient de chez Gap », il se suicidera. En l’espace de quelques minutes, l’acteur Justice Smith – c’est son vrai nom – déjà à l’œuvre dans la série The Get Down, fait un hold-up : l’effronté incarne la coolitude face au reste du monde composé de relous et de "has been". Sauf que le nouveau conseiller d’orientation chargé de le réprimander a vécu à Tokyo, sait comment l'aborder et est peut-être tout simplement encore plus cool que lui.

Tout au long de la saison, il ne sera pas seulement question de frictions entre les jeunes et les moins jeunes, entre cools et ringards. On va surtout découvrir comment chacun des personnages va s’ouvrir au monde, à son entourage et comment il va accepter sa propre différence et celles des autres. Derrière le côté pop et "woke", nous sommes donc face à ce qu’on appelait autrefois un roman d’apprentissage mais avec au milieu plein d’emojis colorés et de sextos.

GENERA+ION, disponible en intégralité sur CANAL+