Don't Leave Me, la nouvelle grande série italienne des scénaristes de Gomorra

Posté par Alexis Lebrun le 25 juillet 2022
Quelques mois après la conclusion de la série mafieuse incontournable de ces dernières années, deux de ses têtes pensantes font leur retour avec une nouvelle production qui vient encore rappeler tout le savoir-faire de nos voisins italiens en matière de séries de qualité.
Triangle amoureux

Autant le préciser d’emblée, l’intrigue de Don’t Leave Me n’est pas des plus légères. La série nous tient en effet en haleine avec une enquête visant à démanteler un réseau cyber-pédopornographique de trafics d’enfants sur le dark web, où de jeunes italiens désœuvrés sont vendus comme de vulgaires marchandises par des hommes qui les attrapent dans leurs filets en se faisant passer pour des filles. Le premier épisode commence d’ailleurs littéralement dans les filets d’un pêcheur, dans lequel s’est pris le cadavre d’un enfant.

Une découverte macabre pour Daniele (Alessandro Roia de la série Romanzo Criminale), flic de la brigade criminelle qui préfère croire à la thèse du suicide, jusqu’à l’arrivée d’Elena (Vittoria Puccini, présente dans la série Il processo sur Netflix), son amour de jeunesse devenue experte de la pédocriminalité à la brigade de protection des mineurs. Persuadée que la mort de cet enfant est liée au réseau sur lequel elle enquête depuis plusieurs années, Elena doit faire équipe avec Daniele malgré la lourdeur de leur passif – elle a quitté Venise brutalement vingt ans auparavant – et la présence de son ancienne meilleure amie Giulia (Sarah Felberbaum, vue dans Les Médicis : Maîtres de Florence), désormais mariée à Daniele, avec qui elle a eu plusieurs enfants.

Que c’est triste Venise

Mais ce triangle amoureux n’est pas écrit à l’eau de rose. Car on le répète, Don’t Leave Me est une série sombre, qui nous embarque dans les ruelles parfois glauques d’une Venise comme on ne la voit jamais dans la fiction. À rebours de l’image d’Epinal sur la « ville des amoureux » qui attire des hordes de touristes, la série filme en effet la splendeur de la Sérénissime avec une noirceur inquiétante.

Et visuellement, le résultat est bluffant : le travail réalisé sur la photographie (et la lumière !) des épisodes de Don’t Leave Me est remarquable, si bien qu’il nous fait découvrir la lagune, ses palais et ses célèbres monuments sous un angle inédit.

Les pépites italiennes s’enchainent

En cela, la série s’inscrit dans la lignée de ses glorieuses ancêtres, comme Gomorra (CANAL+) et ZeroZeroZero (CANAL+). Et ce n’est pas une coïncidence : les deux créateurs de la série (Maddalena Ravagli et Leonardo Fasoli) ont fait partie des scénaristes omniprésents sur Gomorray compris le film L’Immortale – avant de collaborer à nouveau sur ZeroZeroZero, dont Fasoli fut le cocréateur en compagnie du réalisateur Stefano Sollima.

Cette année, ils ont aussi donné naissance à la comédie italienne Coincés ! (Netflix) et surtout à Django, nouvelle Création Originale CANAL+ avec Matthias Schoenaerts et Noomi Rapace, adaptée du fameux western de Sergio Corbucci, et dont la sortie est prévue pour bientôt. Bref, on va encore entendre parler de ces hyperactifs de l’écriture, et c’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

Don’t Leave Me épisodes 1 à 8, disponibles le 25 juillet sur CANAL+.

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