Dr Death : boucherie en série au service neurochirurgie

Posté par Alexis Lebrun le 13 septembre 2021
Basée sur l’histoire vraie aussi effrayante qu’inimaginable d’un chirurgien américain qui charcutait ses patients, cette mini-série de huit épisodes met aussi en évidence le fonctionnement vicié et malsain du système de santé américain. Portée notamment par un Joshua Jackson glaçant, Dr Death est clairement l’une des séries à suivre en cette rentrée, mais il vaut mieux avoir le cœur bien accroché.
Docteur maboul

Théoriquement, Christopher Duntsch (Joshua Jackson) est un neurochirurgien. Mais quand il a pratiqué la médecine (au début des années 2010), ce texan s’est surtout « distingué » pour avoir mutilé des dizaines de patients. Certains n’y ont pas survécu, et il a fallu attendre l’intervention de plusieurs de ses collègues pour que le bain de sang s’arrête. C’est ce scandale médical glauquissime que raconte Dr Death : la série alterne entre différentes temporalités pour retracer le parcours sanglant de Christopher Duntsch ainsi que sa vie personnelle aussi calamiteuse que ses opérations du dos.

Elle accorde aussi une large place au travail d’enquête de deux chirurgiens affolés par la découverte de ses pratiques, et lancés dans une course contre-la-montre pour l’empêcher de sévir à nouveau. L’ensemble se suit comme un thriller, et même si l’on connaît l’épilogue de l’histoire, on retient son souffle devant l’horreur à peine croyable que l’on découvre à l’écran. Poussé par un complexe de Dieu, le Docteur Duntsch se comporte comme un tyran sadique dans son bloc opératoire, où plusieurs patients finiront handicapés à vie. Mais au-delà de sa trajectoire personnelle proprement hallucinante, la série appuie aussi sur les dysfonctionnements de l’hôpital américain et de son obsession de la rentabilité, qui lui font négliger le bien-être élémentaire de ses patients.

L’arrivée à maturité de Joshua Jackson

Donner vie à Christopher Duntsch est une gageure. Doté d’une confiance en lui inébranlable, ce neurochirurgien à l’ego surdimensionné souffre à l’évidence d’une sacrée blessure narcissique, et il faut souligner à quel point Joshua Jackson semble avoir saisi l’essence de cet horrible personnage, qu’il incarne avec la dose de morgue nécessaire pour nous faire trembler. L’acteur canadien révélé à 20 ans dans Dawson poursuit depuis son histoire d’amour avec les séries, puisqu’il a enchaîné Fringe, The Affair et Little Fires Everywhere très récemment. Mais sa métamorphose en chirurgien aussi insensible qu’incontrôlable constitue sans doute le point d’orgue de sa déjà longue carrière (il n’a que 43 ans).

Face à lui, Alec Baldwin et Christian Slater (Mr. Robot) forment un duo étrangement rassurant : le premier interprète un médecin calme et posé, tandis que le deuxième se délecte visiblement de pouvoir jouer le grain de folie d'un chirurgien excentrique et grande gueule. Mais la botte secrète de la série de Patrick Macmanus (Marco Polo, Homecoming) est à trouver du côté de la musique, puisque derrière les notes angoissantes qui accompagnent le carnage de Christopher Duntsch, on reconnaît le style inimitable du doublement oscarisé Atticus Ross, qui officie cette fois sans Trent Reznor, mais avec son frère Leopold Ross. Notons enfin que pour filmer ce portrait d'un psychopathe, Dr Death a fait appel à trois réalisatrices, parmi lesquelles on retrouve une certaine Jennifer Morrison, l’actrice connue pour avoir longtemps incarné la docteure Cameron dans Dr House. Autant dire qu’elle a de l’expérience avec les médecins qui maltraitent les patients.

Dr Death épisodes 1 à 8, diffusés à partir du 12 septembre sur STARZPLAY, disponible avec CANAL+.