She-Hulk (Disney+), une série Marvel qui ne rend pas vert de rage

Posté par Alexis Lebrun le 18 août 2022
Vertement critiquée sur les réseaux sociaux depuis la diffusion de ses premières images et donc avant même la diffusion de son premier épisode, l’adaptation en série des aventures de She-Hulk se révèle être en réalité la bonne petite surprise de la fin de l’été.
Une comédie judiciaire super-héroïque

Si le déferlement constant de films et de séries Marvel peut avoir de quoi donner le tournis, il faut reconnaître que Kevin Feige tente dans la mesure du possible de différencier chaque projet avec une identité propre. Après la sitcom WandaVision, le buddy movie Falcon et le Soldat de l’Hiver, la série de Noël Hawkeye ou encore le teen drama Miss Marvel, voilà donc que Marvel Studios s’essaye à la série judiciaire. Car She-Hulk (alias Jennifer Walters au civil) est avant tout une avocate trentenaire brillante qui accomplit son rêve de faire carrière dans le droit.

Elle n’a aucune envie de devenir une super-héroïne comme son cousin Bruce Banner, le Hulk des Avengers dont la vie a été bien pourrie par son surpuissant alter-ego tout vert. Malheureusement pour elle, Jennifer se retrouve avec le même pouvoir de transformation que lui à la suite d’un accident dévoilé dans le premier épisode. Avec une différence notable : contrairement à Hulk, She-Hulk maîtrise ses émotions et donc ses métamorphoses, ce qui lui permet de garder le contrôle sur son corps.

Pour autant, sa vie d’avocate comme sa vie privée sont forcément bouleversées lorsque tout le monde découvre qu’elle peut devenir une super-héroïne de plus de deux mètres, dotée comme son cousin d’une force et d’une résistance hors du commun. De surcroît, notre héroïne qui aspire à l’anonymat et à la normalité a déjà assez de contacts avec les super-héros, puisqu’elle gère tous leurs dossiers dans le cabinet où elle travaille. Et c’est là que la série joue à fond la carte de la comédie judiciaire romantique à la Ally McBeal, avec évidemment des péripéties Marvelesques liées aux clients très particuliers de Jennifer.

Tatiana Maslany, une She-Hulk féministe idéale

Mais avant d’évoquer ces derniers, il faut d’abord revenir quelques instants sur l’héroïne de la série et son interprète. Fidèle à la dimension très méta des comics, la She-Hulk jouée par Tatiana Maslany brise assez souvent le quatrième mur – Fleabag est une influence revendiquée – pour s’adresser à nous et renforcer une tonalité comique déjà omniprésente. Et si ça marche aussi bien, c’est parce que Marvel Studios a encore réussi à caster l’actrice idéale pour le rôle.

On connaît l’étendue du talent de Tatiana Maslany depuis qu’elle a joué avec brio plusieurs personnages dans la série sci-fi Orphan Black – au point de remporter un Emmy de la meilleure actrice dans une série dramatique –, mais la justesse de sa vis comica dans She-Hulk est aussi épatante. Très à l’aise dans ce rôle de jeune femme qui subit toutes sortes d’exigences contradictoires d’un monde misogyne, l’actrice canadienne assène avec beaucoup de conviction quelques répliques pertinentes sur la manière dont les femmes doivent se comporter en société et gérer leur colère face aux hommes par exemple.

La vie amoureuse et les rencontres de Jennifer Walters sont aussi l’occasion de quelques réflexions sur ce que la société attend du corps des femmes, une question illustrée par les débats intenses sur l’apparence de l’héroïne dans la série. Cette approche féministe est tout à fait assumée par la showrunner de la série, Jessica Gao – scénariste sur la troisième saison de Rick & Morty, elle en connaît donc un rayon sur les fandoms toxiques et le harcèlement –, et qui explique certainement pourquoi She-Hulk a été victime comme beaucoup d’autres projets Marvel avant elle de review bombing de la part d’un certain public masculin.

Un fan service de tous les instants

Pourtant, les adeptes les plus zélés du MCU devraient se réjouir devant l’avalanche de références, d’easter eggs et de scènes post-génériques que She-Hulk contient, car Jessica Gao est aussi une grande fan des comics du personnage. La série multiplie notamment les références aux Avengers, puisque le toujours excellent Mark Ruffalo fait bien sûr son retour dans la peau verte de Hulk.

Et il est loin d’être le seul visage connu du MCU à apparaître, puisque l’on croise également Benedict Wong – la série prend place peu de temps après le film Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux (Destin Daniel Cretton, 2021) –, le très attendu Charlie Cox de retour pour la première fois dans le rôle de l’avocat Matt Murdock alias Daredevil, et surtout Tim Roth, qui reprend son rôle d’Emil Blonsky alias l’Abomination, près de quinze ans après L'Incroyable Hulk (Louis Leterrier, 2008), seul et unique film consacré à Bruce Banner dans le MCU, où le personnage était joué par Edward Norton.

Et en attendant de savoir si d’autres guests de l'Univers cinématographique Marvel viendront rejoindre cette liste au fil des épisodes, on peut déjà profiter de la présence au casting de de Renée Elise Goldsberry (The Good Wife) et Jameela Jamil (The Good Place sur Netflix), qui incarne Titania, rivale historique de She-Hulk. Autrement dit, il y a bien assez de bonnes raisons pour ne pas bouder son plaisir devant l’une des séries les plus légères et rafraichissantes du MCU.

She-Hulk épisodes 1 à 9, diffusés à partir du 18 août sur Disney+, disponible avec CANAL+.