Starstruck : 5 bonnes raisons de découvrir la série de Rose Matafeo

Posté par Alexis Lebrun le 20 décembre 2021
Produite par la BBC et HBO, cette série britannique qui redonne un coup de jeune à la comédie romantique est l’une des petites sensations de cette fin d’année 2021. On vous dit pourquoi.
Pour l’hommage réussi aux comédies romantiques

La créatrice de Starstruck ne s’en cache pas, elle adore les rom coms, et sa série se classe sans honte dans ce genre bien particulier qui connaît un regain d’intérêt chaque année pendant les fêtes. Et justement, le scénario de Starstruck peut être vu comme une version inversée de l’une des comédies romantiques les plus célèbres de l’histoire, Coup de foudre à Notting Hill (Roger Michell, 1999), avec une pincée de Bridget Jones. Car dans la série de Rose Matafeo, c’est l’homme du couple (Nikesh Patel), Tom, qui est un acteur connu.

Ce dernier fait la rencontre d’une jeune femme exubérante le soir du Nouvel An, sans qu’elle réalise qui il est : certes, Jessie (incarnée par Rose Matafeo elle-même) a un peu trop bu, mais elle est aussi et surtout une Néo-Zélandaise expatriée à Londres. Compte tenu de la notoriété de Tom, leur relation n’est pas de tout repos, et il est difficile de ne pas succomber à l'alchimie comique entre ces deux personnages opposés, ainsi qu'au charme de cette intrigue qui reprend la plupart des figures imposées de la comédie romantique, tout en dépoussiérant un peu aussi certains clichés...

Lors de son interview en tête-à-tête avec Renan Cros (Le Cercle Séries), Rose Matafeo a d'ailleurs partagé ses comédies romantiques préférées et celles qui l'ont inspirées à l'écriture de Starstruck.

Pour le talent de Rose Matafeo

À l’image de Phoebe Waller-Bridge (Fleabag), Aisling Bea (This Way Up), Aidy Bryant (Shrill) ou encore Maya Erksine et Anna Konkle (PEN15), la Néo-Zélandaise n’est pas seulement l’actrice principale de Starstruck, elle en est aussi la créatrice et la scénariste principale. Et comme la plupart de ses camarades sus-citées, Rose Matafeo a commencé en se faisant un nom sur les planches, en particulier avec son spectacle de stand-up Horndog, récompensé en 2018.

Après plusieurs apparitions dans des séries ces dernières années, notamment la rafraichissante sitcom geek Dead Pixels (CANAL+), la voici déjà à la tête de son propre projet alors qu’elle n’a pas encore 30 ans. La drôlerie très moderne de son écriture et son jeu y sont pour beaucoup (on y reviendra), et Matafeo s’inscrit clairement dans la droite ligne du travail de Waller-Bridge. Signe que HBO et la BBC croient en elle, Starstruck a été renouvelée pour une deuxième saison avant même le tournage de la première.

Pour l’humour loufoque des situations

Starstruck est certes une comédie romantique, mais la pure loufoquerie des situations imaginées par Rose Matafeo l’inscrit aussi dans la tradition de la screwball comedy. Menés à un rythme effréné, les six épisodes de la série enchaînent les gags absurdes, entre la scène où une Jessie éméchée imite très mal la célèbre phrase introductive de James Bond dans les toilettes où elle rencontre Tom, à ce moment plein d’autodérision où elle sort pour la première fois de son appartement et est confondue par les paparazzis avec la femme de ménage.

Comme ses collègues féminines citées plus haut, Rose Matafeo n’hésite jamais à se mettre en scène dans des situations gênantes, et elle brille aussi par ses dialogues très rythmés qui ne laissent quasiment aucun répit entre les vannes.

Pour la pertinence du propos

On l’a dit, Starstruck redonne un coup de jeune à la comédie romantique. Lointaine héritière de Bridget Jones, Jessie est une fille normale (en 1999, on aurait dit girl next door), une millennial réaliste qui cumule deux boulots (guichetière dans un cinéma et baby-sitter) pour payer la location de son appartement londonien où elle vit en colocation. Au moment de sa rencontre avec Tom, elle enchaîne les relations sans lendemain et ne semble pas s’en plaindre : elle tient à sa liberté et n’est pas attirée mais plutôt effrayée par l’idée de devoir composer avec la célébrité de Tom et tous les changements que cela implique pour elle.

Contrairement à beaucoup de comédies romantiques aussi, l’héroïne est ici le personnage le plus drôle et charismatique du couple, une inversion des codes qui aura mis des décennies à arriver. Outre le fait que le casting de la série est aussi plus divers que ce qu’on avait l’habitude de voir par le passé, Starstruck se distingue aussi en abordant naturellement des sujets essentiels comme le consentement, la sexualité féminine ou le tabou des règles dans la société. Cette modernité d’une héroïne de comédie britannique, ça vous rappelle quelque chose ?

Pour l’apparition de Minnie Driver

Les fans de séries le savent depuis que June Gable a incarné l’inoubliable Estelle Leonard (qui gère la carrière de Joey dans Friends) : le rôle d’un agent peut être l’un des plus drôles d’une série. Cette théorie se vérifie encore dans Startruck, où l’actrice Minnie Driver fait une petite apparition dans le deuxième épisode, le temps d’incarner l’horrible agente de Tom pendant un déjeuner de travail où elle lui interdit de fréquenter ce qu’elle appelle des « civils » ou de manger du pain, car ce n’est pas bon pour sa carrière.

Id est, dans son esprit : faire des bons films indépendants fauchés plutôt que les daubes commerciales dont il a l’habitude et qui lui rapportent gros. Et quel plaisir de retrouver même fugacement sur le petit écran l’actrice habituée des sitcoms (Speechless, Will et Grace, About a Boy) et surtout nommée aux Emmy Awards et aux Golden Globes pour The Riches.

Starstruck, disponible seulement sur CANAL+.

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