Super Pumped, la face cachée d’Uber

Posté par Marc Larcher le 23 mai 2022
En racontant comment est née la plateforme de VTC, cette série montre l’ascension et la chute de son patron joué par Joseph Gordon-Levitt. Et l’effrayant envers du décor des start-ups de la Silicon Valley !
Une fable moderne

Vous ne prendrez peut-être plus jamais un Uber, ou du moins, sans penser à l’homme qui a créé cette société et à toutes ses frasques. C’est un des effets de la première saison de cette série qui raconte dans le détail comment Travis Kalanik a surmonté tous les obstacles pour faire de son projet fou un succès mondial et comment il a au passage multiplié les scandales et les dérapages au point de se faire virer de sa propre société.

Un patron aussi doué que dingue

Avec son sourire ravageur et son regard séducteur, Joseph Gordon-Levitt nous avait habitués aux rôles de mecs sympas, normaux, pris dans des circonstances exceptionnelles. On l’a vu passer ainsi de blockbusters comme The Dark Knight Rises (2012) ou Inception (2010) à des petits films indépendants comme Une arnaque presque parfaite (2008) ou The Night Before (2015). Cette fois-ci, c’est une autre facette de son jeu qu’on découvre : sa capacité à interpréter un entrepreneur possédé par son projet d’entreprise, soumis à une pression énorme, qui doit à la fois convaincre les investisseurs de la valeur du futur Uber, affronter le lobby des taxis, les municipalités pas prêtes à voir débarquer dans leurs rues ce nouvel acteur, recruter des salariés, rassurer sa femme, et tuer les projets concurrents. Pendant sept épisodes, on voit Joseph Gordon-Levitt passer par toutes les émotions et glisser de plus en plus vers l’autoritarisme et la folie. Le plus fou dans cette série, c’est qu’elle se base sur un livre d’enquête de Mike Isaac sorti en… 2019. C’est dire la capacité d’Hollywood à mettre en scène de manière spectaculaire ce qui se déroulait dans l’actualité il y a encore quelques mois. On découvre ainsi que le héros n’a même pas eu l’idée de cette entreprise VTC car il n’était qu’un conseiller du patron originel mais il a réussi à prendre la première place. Aussi, on comprend au gré des épisodes que ses relations tumultueuses avec les investisseurs proviennent de l’échec de sa première start-up Scour qu’il n’a jamais digéré. En ça, ses relations avec son principal bailleur de fonds Bill Gurley, interprété par Kyle Chandler, constituent une superbe sous-intrigue. Leur rencontre  et leur façon de se mentir mutuellement avant de conclure le deal historique qui va lancer Uber, est un véritable morceau de bravoure. L’un joue le feu, l’autre la glace et il est aisé de comprendre qui des deux va gagner la bataille pour le contrôle final de l’entreprise.

 

L’enfer des start-ups

La série est aussi une plongée effrayante dans les coulisses des starts-ups. La façon dont les cadres de l’entreprise confrontés aux premières plaintes de femmes détaillant les mauvais comportements de chauffeurs Uber réagissent, fait en effet froid dans le dos. Plutôt que d’essayer de trouver une solution au problème, ils créent un tarif supplémentaire dit « course sécurisée » et engrangent des millions de dollars. On découvre aussi les débordements de la politique maison instaurée par Kalanik, « Word Hard, Play Hard » où tous les excès de la masculinité toxique sont possibles. Les cinéphiles sauront eux retrouver la présence de certains vétérans d’Hollywood, la narration de la version originale est faite par... Quentin Tarantino, et parmi les seconds rôles, on a le plaisir de croiser Elisabeth Shue, presque perdue de vue depuis le superbe Leaving Las Vegas (1995), et la grande Uma Thurman dans le rôle de la célèbre Arianna Huffington, actionnaire d’Uber, séduite puis lassée par le comportement du patron.

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