The Girl from Plainville (STARZPLAY), le nouveau rôle flippant d’Elle Fanning

Posté par Alexis Lebrun le 15 juillet 2022
Fraîchement auréolée de sa première nomination aux Emmy Awards pour son rôle dans The Great (STARZPLAY), la cadette de la fratrie Fanning revient déjà sur le petit écran, en incarnant brillamment un personnage des plus troublants. Basée sur un fait divers assez inimaginable, The Girl from Plainville vient confirmer que nous sommes en plein âge d’or des séries true crime.
« I Love You, Now Die »

Les mots peuvent-ils tuer ? C’est la question que posait le journaliste Jesse Barron en préambule d’une grande enquête intitulée The Girl from Plainville, publiée en 2017 dans le magazine américain Esquire, et dont la série est adaptée. Il y racontait la trajectoire fascinante de Michelle Carter, une jeune femme du Massachussetts condamnée par la justice en 2017 pour homicide, et dont l’histoire a déjà été relatée dans le documentaire HBO I Love You, Now Die: The Commonwealth V. Michelle Carter.

Ce qu’on lui a reproché, ce sont justement ses mots, ou plus exactement ceux contenus dans les milliers de SMS qu’elle envoyait à son copain dépressif de l’époque (Conrad Roy) entre 2012 et 2014. Dans ces messages, Michelle Carter encourage celui-ci à se suicider de façon répétée, ce qu’il finira malheureusement par faire en juillet 2014, entraînant le passage devant la justice de Michelle. C’est l’ensemble de cette histoire tristement invraisemblable que raconte The Girl from Plainville, en revenant à l’aide de nombreux flashbacks sur la relation toxique à distance qui liait ces deux personnalités très tourmentées, se rêvant en Roméo et Juliette des temps modernes.

Car si Conrad (Colton Ryan) souffrait de dépression depuis plusieurs années et avait déjà fait une tentative de suicide auparavant, la santé mentale de Michelle méritait aussi qu’on se penche sérieusement dessus. Cela oblige la série à marcher sur un fil, en tentant d’expliquer les actes insensés d’une jeune femme coupable, mais The Girl from Plainville se tire plutôt bien de cet exercice d’équilibriste, puisqu’elle réussit à montrer que Michelle est une femme atteinte de graves troubles psychologiques, sans jamais l’excuser.

Elle Fanning, superbement flippante

Et si la série parvient à brosser un portrait sensible et complexe de ce personnage détestable, c’est bien sûr grâce à l’interprétation remarquable d’Elle Fanning. Au-delà de sa ressemblance physique troublante avec la vraie Michelle Carter, la finesse de son jeu lui permet de restituer tout ce qu’il y a d’immédiatement dérangeant voire de carrément malaisant dans les actes et le comportement social de son personnage, à l’image du premier épisode où elle s’incruste d’une façon particulièrement déplacée aux obsèques de Conrad comme si elle faisait partie de la famille, sans que l’on sache vraiment si elle est sincère ou pas.

La sœur de Dakota Fanning injecte une bonne dose d’ambiguïté à cette jeune femme narcissique, surconnectée, obsédée par l’idée d’obtenir de l’attention et enfermée dans une vision complètement artificielle et malsaine du couple, en étant persuadée d’être le grand amour d’un garçon rencontré deux fois seulement dans la réalité. Mais Elle Fanning n’est pas la seule à briller dans le casting de The Girl from Plainville. Après Russian Doll sur Netflix et surtout The Act (un autre true crime) et We Are Who We Are sur STARZPLAY, Chloë Sevigny continue de faire des merveilles sur le petit écran en incarnant ici la mère endeuillée de Conrad qui découvre l’existence de Michelle après la mort de son fils.

Face à elle, Cara Buono (Karen Wheeler dans Stranger Things) excelle aussi dans le rôle de la mère qui défend mordicus sa fille envers et contre tout. Mais il faut également rendre hommage au travail des deux showrunners, en commençant par Liz Hannah, scénariste et réalisatrice de plusieurs épisodes, après avoir cosigné le scénario du solide Pentagon Papers de Spielberg (2017), puis œuvré sur une autre excellente série sortie récemment, The Dropout (Disney+). Elle est ici accompagnée par Patrick Macmanus, lui-même showrunner d’encore un autre true crime glaçant, Dr Death (STARZPLAY).

Si l’on en juge par la qualité de The Girl from Plainville, mais aussi des récents Landscapers (CANAL+) et Only Murders in the Building (Disney+), l’âge d’or des séries true crime n’est pas près de s’arrêter.

The Girl from Plainville épisodes 1 à 8, à découvrir sur STARZPLAY, disponible avec CANAL+.