Echo Valley : explication de la fin du film (attention spoilers)

Quand une junkie se sert de sa mère endettée
Un bon polar a l’art de faire croire aux plus inattendus des renversements et le film de Michael Pearce en fait partie. Au départ, l’histoire est a priori simple : Kate Garetsson (Julianne Moore) vit seule dans un beau ranch de Pennsylvanie dont elle est propriétaire depuis la mort de son époux. Déjà affaiblie par le deuil, elle doit affronter deux autres épreuves : sa fille Claire est une junkie accro à l’héroïne dont elle doit en permanence gérer les dérapages lorsque celle-ci passe la voir chez elle. Entre les coûts de l’entretien du ranch et les ardoises de sa fille, la mère ne s’en sort pas et en est réduite à demander de l’argent à son premier mari Richard (Kyle MacLachlan). En un mot, Kate respire à peine, elle étouffe.

Un personnage pris dans un chantage infernal
Seulement, le scénariste Brad Ingelsby, créateur de la série MARE OF EASTTOWN où le personnage joué par Kate Winslett croulait déjà sous les difficultés familiales, resserre d’entrée le nœud coulant sur le cou de Julianne Moore. Sa fille débarque une nuit couverte de sang et lui dit qu’elle vient de tuer son petit ami Ryan au cours d’une dispute. Une issue crédible car au sein du jeune couple, c’est lui le plus camé des deux. Afin de portéger sa fille, Kate Garetsson prend alors les choses en main, elle noie le cadavre dans un lac des environs et on croit tout le monde sorti d’affaires. C’est quand Jackie Lyman, le dealer du couple débarque que les choses se compliquent. Il sait qu’elle vient de se débarrasser d’un cadavre et commence à la faire chanter. Coincée, Kate cède et lui verse une somme destinée à la réparation à des travaux dans l'écurie. L’engrenage pourrait s’arrêter là mais il augmente encore d’un cran. Le dealer revient à la charge et lui demande cette fois-ci une énorme somme d’argent, elle refuse, il la drogue. Au pied du mur, Kate comprend que sa fille et le dealer lui ont menti : le cadavre en question n’est pas celui du petit ami de sa fille mais celui d’un drogué overdosé, un client de Jackie. Désormais, Jackie dispose d’un nouveau moyen de pression, elle est définitivement coincée, elle se résout donc à brûler son écurie pour récupérer l’argent de l’assurance qu’elle versera à Jackie. End of the story. Sauf qu’elle est plus maline que ça et elle va carrément renverser le rapport de force.

Et le manipulateur se fait piéger à son tour
Comme une experte en judo, Kate va faire utiliser l'avantage de son adversaire pour le renverser. Dans un premier temps, elle fait mine d’employer Jackie pour l’aider à gérer le ranch et lui propose un logement au dessus de l’écurie afin de commencer à lui verser un salaire pour un travail fictif. Son coup de génie : plutôt que de laisser le cadavre dans l’eau, elle l’en sort avec la complicité de sa voisine et le place dans le logement en question. Aussi, lorsque Jackie la pousse à incendier l'écurie, la police y découvre le macchabée lié à Jackie… Tel est pris qui croyait prendre. Un fin qui n'est pas sans rappeler un autre film où des femmes tentent de noyer un homme pour échapper à un maître chanteur, LES DIABOLIQUES de Clouzot.



