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PARIS POLICE 1910 : la terrible histoire vraie de l'affaire Steinheil

PARIS POLICE 1910 retrace un terrible fait divers : l’affaire Steinheil. Entre meurtres sordides, manipulations médiatiques et procès rocambolesque, cette énigme a tenu la France en haleine pendant plus d’un an. À suivre sur CANAL+ dès le 27 avril.

L’Histoire comme source d’inspiration pour PARIS POLICE

Avec la saga PARIS POLICE, Frédéric Balekdjian et Fabien Nury explorent la passionnante Histoire de France du début du XXᵉ siècle. L’affaire Dreyfus, la mort du président Félix Faure devant sa maîtresse, l’antisémitisme, le coup d’Etat raté, ou encore les bavures policières… Ce sont autant de faits réels qui ont nourri les deux premières saisons (PARIS POLICE 1900 ET PARIS POLICE 1905). Pour ce troisième et ultime chapitre de la création de CANAL+, PARIS POLICE 1910 frappe encore plus fort. 

En l’espace de quelques jours, deux événements secouent Paris :  une tentative d’assassinat contre Alfred Dreyfus, et un cambriolage sanglant dans la demeure de Marguerite Steinheil. Surnommée “Pompe funèbre” depuis son implication dans le décès de Félix Faure, la voilà au centre d’un thriller médiatique violent. Bien qu’il s’agisse d’une fiction, PARIS POLICE 1910 reste fidèle à la réalité et s’appuie même sur les innombrables archives de presse de l’époque pour nourrir les dialogues.

C’est quoi l’affaire Steinheil ?

Le 31 mai 1908 au matin, au 6 bis impasse Ronsin (Paris 15e), Marguerite Steinheil est retrouvée par son domestique Rémi Couillard. Elle est ligotée et à moitié nue dans le lit de sa fille. Dans les pièces voisines, son époux, Adolphe Steinheil, et sa mère, Émilie Japy, sont retrouvés morts. L’unique survivante raconte alors aux enquêteurs avoir été agressée vers minuit par trois hommes barbus, habillés tout en noir, et une dame rousse. Ils auraient demandé “où son père garde l’argent”, avant de l'assommer. Prise pour sa fille, elle aurait pour cette raison seulement été épargnée.

Cependant, la thèse d’un vol qui a mal tourné est rapidement mise de côté par les enquêteurs qui soupçonnent Madame Steinheil. En effet, plusieurs éléments ne vont pas dans son récit. Une femme de 38 ans prise pour sa fille de 17 ans ? Attachée avec des liens à peine serrés (d’après le témoignage de son domestique) ? Et aucune effraction ? Plus troublant encore, l’autopsie révèle qu’Adolphe Steinheil a été étranglé à la force des mains. Or une corde a été retrouvée autour de son cou, et sur Émilie Japy, étouffée par un bâillon. Il s’agit donc d’une mise en scène. 

Interrogée par les enquêteurs, Marguerite Steinheil change de version au fur et à mesure. Comme aucun objet de valeur n’a disparu, elle prétend que des bijoux ont été volés. Sauf qu’un bijoutier révèle les lui avoir rachetés bien avant le drame pour éponger des dettes. Sous pression, Marguerite Steinheil avoue être impliquée, avant de se rétracter en disant avoir agi sous la menace d’Alexandre Wolf, un criminel qui est le fils de sa cuisinière. Seulement l’homme a un alibi solide.

Contradictions, révélations et verdict inattendu

Marguerite Steinheil est enfin incarcérée, le 4 novembre 1908, malgré les réticences du juge d’instruction Leydet. Ce dernier a tout fait pour ralentir la procédure en raison de ses sentiments pour la suspecte. Cette nouvelle révélation fait le bonheur de la presse à scandale, tandis que le juge André est nommé pour remplacer Leydet. Un an plus tard, le procès Steinheil débute. Me Antoni Aubin, son avocat, détruit alors chaque élément de l’accusation. D’abord son mobile : elle aurait agi dans le but de se remarier avec Maurice Bordel. Or ce dernier est catholique, contre l’idée du divorce, et a toujours affirmé ne pas vouloir se remarier avec Madame Steinheil.

De son côté, cette dernière émeut le jury, en fondant en larmes ou en s’évanouissant. Une attitude qui lui vaut un nouveau surnom : "la Sarah Bernhardt des assises". Néanmoins, entre son désarroi et les attaques violentes du juge André, l’opinion change. Et suite à la plaidoirie de plus de sept heures de son avocat, Marguerite Steinheil est acquittée le 14 novembre 1909, provoquant stupeur et acclamations.

Était-elle coupable ? Le mystère reste entier. Pour Fabien Nury, co-créateur de la série : “L’enjeu de cette saison est d’offrir quelque chose de satisfaisant, qu’importe que l’enquête réelle ne soit pas terminée”. Reste à voir quel dénouement les scénaristes ont choisi pour conclure PARIS POLICE 1910, diffusée à partir du 27 avril sur CANAL+.