Aller au contenu principalAller à la recherche

PARIS POLICE 1910 : pourquoi la série s'ouvre sur une séquence aussi crue ?

Meg, Fiersi et Jouin sont de retour dans PARIS POLICE 1910, création originale disponible sur CANAL+. Pour lancer la saison 3, les créateurs n’avaient pas froid aux yeux. La preuve avec cette première séquence sordide et sulfureuse.

L’affaire Steinheil au cœur de PARIS POLICE 1910

Lancée en 2021 sur CANAL+, PARIS POLICE est probablement une des meilleures créations originales de la chaîne cryptée. Ce polar historique créé par Frédéric Balekdjian et Fabien Nury débute avec PARIS POLICE 1900, avant de bondir de cinq ans pour la deuxième salve d’épisodes. Pour le troisième et dernier chapitre, PARIS POLICE 1910, le show opère à nouveau un saut dans le temps. Si la direction artistique et le casting sont toujours impeccables, la réussite du programme tient avant tout de son utilisation des zones d’ombre de l’Histoire de France.

Ainsi, après le coup d'État manqué de la saison 1 et la répression de l’homosexualité en saison 2, PARIS POLICE 1910 s’attaque à une histoire sulfureuse et emplie de mystères : l’affaire Steinheil. Tout comme pour le lancement de la série, c’est par une scène d’intimité crue que s’ouvre ce premier épisode de PARIS POLICE 1910. La saison 1 dévoilait la mort du président Félix Faure dans “les bras” de sa maîtresse, Marguerite "Meg" Steinheil (Évelyne Brochu). En 1910, cette dernière est encore impliquée, mais dans une affaire bien plus sordide.

PARIS POLICE 1910 : DATE DE SORTIE, CASTING ET INTRIGUE

Pourquoi la saison s’ouvre sur une scène de masturbation ?

La séquence débute dans l’intimité d’un jeune homme qui se masturbe dans son lit avant de jouir dans un chausson. Par la suite il descend et découvre Marguerite ligotée et bâillonnée, avec sa robe de chambre relevée jusqu’à son visage. Cette façon d’exposer sa nudité n’est pas sans rappeler le célèbre tableau L'Origine du monde de Gustave Courbet. En tout cas, le choc visuel est immédiat mais il ne s’arrête pas là puisque deux cadavres sont ensuite découverts dans les autres pièces de la demeure.

Cette mise en scène n’a rien d’une provocation gratuite. D’abord car il y a une part de vérité. En effet, c’est dans cette position que Marguerite Steinheil a été décrite à l’époque. Lors d’une rencontre avec la presse pour la sortie de PARIS POLICE 1910, Fabien Nury expliquait à ce sujet :

Marguerite Steinheil a été extrêmement sexualisée en vrai.

D’autre part, le fait de débuter la séquence du point de vue du domestique (qui s'appelait vraiment Couillard, ironie du sort) est une réflexion de l’auteur pour aborder le thème du male gaze. En montrant “un regard masculin toxique car masturbatoire”, Fabien Nury opère une déconstruction de ce phénomène. Il commence par la pulsion masculine avant de dévoiler la nudité, inversant ainsi les codes habituels en termes d’érotisme. 

Enfin, l’objectif de Fabien Nury est clair : ”L’idée est de faire évoluer le masculin, pas de le supprimer”. Une ambition qui infuse tout ce dernier volet crépusculaire de PARIS POLICE, diffusé à partir du 27 avril.