Qui sont les stans, les fans hardcore d'Eminem ?
Ils lui ressemblent et vivent littéralement pour le rappeur américain. Ce documentaire explore l’hallucinante fan base d’Eminem qui se confie également sur cette étrange relation avec ces passionnés
Rassemblés autour d’un morceau qui critique les fans...
Dès les premières minutes de STANS, le téléspectateur doute. Est-ce lui, un des plus grands rappeurs de tous les temps, qui déambule dans les couloirs du studio ou est-ce un de ses fans, vêtu comme lui ? Filmée de dos, une silhouette, surmontée d’une casquette, avance jusqu’à s’asseoir sur un fauteuil en dévoilant son visage.
On vient de mettre un pied dans cet étrange unviers où la star et ses followers se confondent. Il s’agit d’hommes et de femmes, des jeunes comme des vieux, qui consacrent une partie de leur vie et de leur énergie à suivre l’artiste, son œuvre et le moindre de ses gestes. Bien entendu, chaque star a ses fans mais là, il s’agit d’autre chose car la plupart d’entre eux se sont mis à le vénérer après la sortie en 2000 de la chanson « Stan » qui décrit pourtant son rapport avec un fan obsessionnel… Ce morceau dans lequel un certain Stan adresse des lettres à son idole en répétant la phrase « I’m Just Like You » est devenu un classique au point où le mot « Stan » désignant un fan problématique a été ajouté au dictionnaire Oxford English en 2017.
Un comble pour un rappeur qui toute sa vie a cherché à rester discret sur sa vie privée, afin de mieux se mettre à nu dans ses textes. Au point où, dans le documentaire de Steven Leckart, l’intéressé lui-même dit que ses fans « prennent ce que je dis trop au pied de la lettre ».

Quand Eminem guérit ses fans
Parmi les nombreuses surprises, on découvre que le chanteur Ed Sheeran, lui-même devenu une star, a été un "Stan" s’habillant et se teintant les cheveux comme Eminem… Au fur et à mesure des prises de parole, on découvre que l’honnêteté du rappeur dans ses textes, sa façon de dévoiler ses pires travers, notamment sa relation toxique avec sa mère, ses addictions et ses moments de dépression a permis à toute une génération d’auditeurs de s’identifier à lui et surtout pour certains d’entre-eux de guérir de leur propres traumas.
Autre élément troublant dans le documentaire, on ne peut s’empêcher de se demander quel fan on est ?
Un « Stan » ou un « mini-Stan », qui consacre déjà trop de temps à ses idoles que ce soit Eminem, un autre artiste ou une équipe de foot ?
Et Eminem dans tout ça ? Fidèle à lui-même il alterne entre franchise désarmante et humour trash.



