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Sweetpea : tout savoir sur la nouvelle série meurtrière de Paramount+

La mini-série britannique adaptée du roman de C.J. Skuse met en scène Ella Purnell dans le rôle d'une jeune femme effacée qui bascule dans une spirale vengeresse. Entre polar et comédie noire, Sweetpea dépeint la transformation d'une victime en bourreau.

Quand l’innocence dissimule une rage meurtrière

Rhiannon Lewis (Ella Purnell) est l'archétype de l'employée invisible. Cette jeune femme introvertie travaille comme réceptionniste au Carnsham Gazette, un petit journal local où son boss Norman (Jeremy Swift) la rabaisse constamment, l'appelant de façon condescendante "sweetpea" qui peut se traduire comme “chérie” en français. Quand sa harceleuse de lycée Julia (Nicôle Lecky) revient en ville pour vendre la maison de son père récemment décédé, la situation escalade. Si en apparence Rhiannon reste effacée, ses monologues intérieurs révèlent une rage bouillonnante à travers une liste de personnes qu’elle aimerait tuer. La première ligne de dialogue de Rhiannon donne immédiatement le ton : "Personnes que j'aimerais tuer : les hommes qui s'étalent dans les transports". Mais ce qui commence comme un simple fantasme va progressivement devenir réalité lorsque Rhiannon, poussée à bout, va commettre son premier meurtre impulsif.

Ella Purnell, de survivante à serial killer

Après avoir brillé dans YELLOWJACKETS puis dans l'adaptation du jeu vidéo FALLOUT, Ella Purnell s'impose comme une actrice incontournable des séries de genre. Dans SWEETPEA, elle livre une performance remarquable en incarnant cette anti-héroïne complexe, capable de passer de la timidité maladive à une fureur meurtrière avec une crédibilité déconcertante. Elle est également productrice exécutive du projet, signe de son implication totale. "Rhiannon est un cas d'école en terme d'arrêt de développement mental", explique l'actrice britannique de 28 ans, qui poursuit: "elle est bloquée dans le passé et incapable d'avancer". Avec ses yeux de poupée, Purnell renforce l'effet de contraste entre l'apparence inoffensive du personnage et sa violence intérieure.

Un thriller social ?

La réalisatrice Kirstie Swain et son équipe de scénaristes ont su adapter le roman de C.J. Skuse, mélangeant habilement éléments dramatiques et comiques. La série, résolument féministe dans son propos, explore la misogynie ordinaire à travers le sexisme flagrant que subit Rhiannon au travail, notamment lorsque Norman donne le poste de reporter junior convoité par l'héroïne au fils d'un ami, AJ (Calam Lynch), sans même considérer sa candidature. L'éclairage bleuté qui domine la photographie de la série accentue la monotonie de l'existence de Rhiannon, ponctué d'éclats de rouge sang qui préfigurent sa transformation. La bande originale, avec ses cordes inquiétantes, maintient quant à elle constamment le spectateur sur le qui-vive, tandis que les scénaristes ont su intégrer un humour typiquement Gen Z qui apporte une touche de fraîcheur au récit.


Les six épisodes de cette mini-série oscillent entre satisfaction vengeresse et questionnement moral. Si certains critiques britanniques ont regretté que l'adaptation édulcore la férocité du roman original, l'ensemble forme néanmoins un thriller psychologique captivant qui explore avec finesse le développement d'une tueuse en série "accidentelle". SWEETPEA parvient à nous faire sympathiser avec son héroïne meurtrière tout en interrogeant les mécanismes de la vengeance et la façon dont le trauma peut engendrer la violence. Une série qui, comme son personnage principal, cache sous des apparences discrètes une audace tranchante.

Sweetpea est disponible sur Paramount+ avec CANAL+