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Alexandre Araujo : « Au Micro a été la chance d’une vie pour moi »

Grand gagnant de la première saison de Au Micro, Alexandre Araujo a intégré le service des sports de CANAL+. Le commentateur revient sur cette expérience unique, alors que Au Micro revient pour une nouvelle saison, le mercredi 27 août à 21h sur CANAL+.

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D’où te vient cette passion pour le commentaire sportif ?

« La passion pour le commentaire, qui est d’abord une passion pour le football, est née très tôt dans un contexte familial fortement imprégné par la culture portugaise. Dans cette culture ibérique, le football occupe une place centrale, tant sur le plan social que culturel. Cette importance s’est naturellement transmise au sein de ma famille et a façonné mon lien avec ce sport.

C’est dans cet environnement que ma passion a émergé. Elle s’est ensuite développée à travers l’écoute régulière de commentateurs, notamment portugais, hispanophones et latino-américains. Ces langues, plus « chantantes » que le français, m’ont particulièrement marqué par leur capacité à transmettre des émotions fortes. Cela m’a poussé à relever le défi d’exprimer la même intensité émotionnelle en français, une langue peut-être moins naturellement portée sur l’expressivité orale, en cherchant des moyens pour compenser cette différence. »

Lire aussi : Toutes les nouveautés de Au Micro saison 2 sur CANAL+ !

« Au départ, cette passion s’est exprimée à travers les jeux vidéo (E-sport) car le milieu du football professionnel est difficilement accessible. Puis, petit à petit, le projet « Au micro » m’a permis d’ouvrir les portes du journalisme sportif et des médias traditionnels. »

Quels sont les commentateurs qui t’inspirent le plus ?

« Parmi les commentateurs qui m'ont marqué, il y en a un en particulier au Portugal : Nuno Matos. Il ne travaille pas à la télévision, mais à la radio, un média que je trouve encore plus exigeant. J’ai toujours été fasciné par la capacité des commentateurs radio à faire vibrer les auditeurs. En France, je suis aussi très inspiré par François Marchal, une figure importante du commentaire sportif, notamment du football anglais. »

« Plus largement, ce sont les commentateurs hispanophones et latino-américains qui m'influencent le plus. Dans ces cultures, le football est vécu avec une intensité sans retenue. On assume pleinement la passion, voire le fanatisme. Les commentateurs s’expriment sans filtre : ils crient, ils se laissent porter par les émotions.

« On ressent les vibrations du public, on voit les supporters se lever, on capte une énergie unique qu’on ne retrouve pas en studio.»

C’est cette liberté émotionnelle, absente de certains codes occidentaux plus traditionnels, qui m’inspire. Je ne prétends pas révolutionner le commentaire en France, mais c’est auprès de ces voix passionnées que j’ai trouvé une véritable source d’inspiration ».

Nous te découvrions, il y a un an, dans la saison 1 de Au Micro. Quelle épreuve retiens-tu de cette expérience ? 

« L’épreuve que j’ai le plus appréciée, c’est sans hésiter la finale, car elle se déroulait en conditions réelles, au stade. C’est une expérience totalement différente : on ressent les vibrations du public, on voit les supporters se lever, on capte une énergie unique qu’on ne retrouve pas en studio. C’est un autre métier, presque un autre sport. Ayant eu la chance de commenter en direct dans un cadre professionnel cette saison, je sais à quel point cette immersion transforme l’exercice. En plus, c’était un match du Paris Saint-Germain, ce qui ajoutait une dimension particulière avec l'engouement national autour du club. »

« À l’inverse, l’épreuve la plus complexe pour moi a été le multiplex. Elle est complexe, non seulement par la technicité qu’elle demande, mais aussi parce qu’elle se déroule dans un cadre très compétitif. On est entouré des autres candidats, on les entend pendant qu’on commente, ce qui peut être déstabilisant. »

Comment t’es-tu préparé pour commenter les matches ? Comment as-tu ramené ta touche personnelle ?

« D’abord, j’ai toujours essayé d’intégrer une influence ibérique et latino, notamment à travers le débit de parole. Sans tomber dans l’excès, je trouve qu’un débit rapide, bien articulé, permet d’ajouter de l’intensité et d’embarquer le spectateur dans le match. C’est sur ce point-là que je me suis concentré, car je pense que c’est l’un de mes atouts. Je cherchais à développer une approche très personnelle, à commenter comme j’aurais aimé entendre un match, sans essayer de copier d'autres voix. Cela me permettait aussi d’identifier plus facilement mes points à améliorer.

Concernant la préparation des matchs, on avait quelques heures après le reveal pour travailler le contexte. Chacun avait sa méthode, mais moi, je préparais surtout une brève introduction pour situer les enjeux et l’importance du match. Ensuite, une fois le match lancé, je me laissais porter par le jeu, par mon vocabulaire et mon instinct. »

Y a-t-il un match en particulier que tu aurais adoré commenter pendant la saison 1 ?

« J’ai eu la chance de commencer l’aventure en commentant un but de Benfica, mon club de cœur. C’était un beau clin d’œil personnel. Mais si je devais formuler un petit regret, ce serait de ne pas avoir eu l’occasion de commenter un match plus ancien de ce club.

« Cela m’a surtout apporté beaucoup de confiance en moi »

J’aurais adoré tomber sur une rencontre des années 1990 ou 2000, une époque où le football était différent. Certains candidats, souvent un peu plus âgés, ont eu cette chance avec des matchs plus “vintage”, et je trouve que cela aurait été à la fois un vrai défi et une belle expérience personnelle. »

Qu’est-ce que l’expérience Au Micro t’a apporté ?

« Participer à Au Micro a été la chance d’une vie pour moi. C’était une véritable porte d’entrée dans le monde très fermé du journalisme sportif et du commentaire footballistique.

Cela m’a surtout apporté beaucoup de confiance en moi. Même si j’avais déjà une certaine assurance, je n’avais jamais été véritablement jugé dans cet exercice si spécifique. Cela m’a permis de valider mes choix, notamment celui, très fort, d’avoir quitté l’ingénierie après l’obtention de mon diplôme pour me lancer pleinement dans le journalisme. C’était un pari risqué, et l’émission m’a permis de confirmer que j’étais sur la bonne voie.
Au-delà de la dimension personnelle, elle m’a offert de la visibilité, des rencontres marquantes avec des joueurs, et surtout une vraie immersion professionnelle : commenter des matchs, aller dans les stades. »

Et maintenant, quelles sont tes envies pour la suite ?

« Une fois qu’on a réussi à franchir la porte du métier, l’envie, naturellement, c’est d’y rester. Et pour moi, rien n’était gagné d’avance. J’ai eu la chance d’obtenir un contrat d’un an après Au Micro. J’ai visiblement su convaincre, puisque je vais continuer l’aventure chez Canal+, toujours autour du football et des droits de la chaîne. Mon objectif est simple : commenter toujours plus, voyager davantage, rencontrer des acteurs du football, et surtout, garder le plaisir intact. »

Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui hésite à tenter l’aventure Au Micro ?

« Je lui dirais que c’est normal d’hésiter, que c’est même une forme d’intelligence. Se poser des questions, peser le pour et le contre, c’est sain, surtout quand il s’agit d’un choix aussi fort que de tenter. Il faut être sûr que c’est ce qu’on veut, car c’est un vrai voyage, parfois même un tournant de vie. Quand j’ai tenté Au Micro, je pensais que ce serait trop dur, que j’allais échouer. Finalement, ça a été une réussite. Donc il ne faut pas hésiter. Même si ça ne mène pas là où on l’imagine, on n’a rien à perdre, si ce n’est beaucoup à apprendre. »

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