La fille d'une légende vivante de Hollywood présentera son premier film à Deauville
Lors de la 51e édition du Festival du Film Américain de Deauville, Julie Pacino, la fille du grand Al Pacino, présentera en compétition son premier film en tant que réalisatrice : I LIVE HERE NOW. Une entrée bienvenue dans ce monde encore très masculin.
Julie Pacino entre en scène au Festival de Deauville 2025
L’annonce de la sélection officielle du 51ᵉ Festival du cinéma américain de Deauville a créé la surprise : dans la compétition, figure I LIVE HERE NOW, premier long métrage de Julie Pacino.
À 35 ans, la fille d’Al Pacino franchit le pas de la réalisation après avoir longtemps œuvré en coulisses. Le synopsis laissait entrevoir une œuvre intime et inquiétante : dans un hôtel isolé en pleine tempête, une jeune femme enceinte se retrouve prisonnière d’un lieu hanté par des violences passées. Tourné sur la côte est des États‑Unis, le film est porté par l’actrice Madeleine Brewer et explore la grossesse, la mémoire et l’héritage.
On comprend pourquoi Aude Hesbert, directrice du festival, parle d’une sélection « vibrante et kaléidoscopique » pour cette 51ᵉ édition. La présence de Julie Pacino à Deauville, symbolique du phénomène des « nepo‑babies », attise la curiosité : quelle place accorder aux enfants de stars qui passent derrière la caméra ? La réalisatrice a affirmé s’être inspirée d’histoires de femmes de son entourage plutôt que de la carrière de son illustre père, et ce premier film sera scruté comme un test grandeur nature.

La dynastie des fils et filles de… : une domination masculine
L’arrivée de Julie Pacino rappelle à quel point le cinéma aime les lignées. Les « nepo‑babies » qui deviennent réalisateurs sont nombreux, et la majorité sont des hommes. Sofia Coppola est longtemps restée l’exception, héritant du goût du récit de son père Francis et remportant l’Oscar du scénario pour LOST IN TRANSLATION en 2004.
En revanche, on compte bien plus de fils de cinéastes : Roman Coppola a grandi au sein d’une dynastie où « musique et cinéma étaient au cœur de la vie familiale » et s’est illustré comme scénariste et réalisateur. Jason Reitman, fils du réalisateur de S.O.S. FANTÔMES, confessait qu’il avait « hésité à devenir cinéaste » tant il était conscient des soupçons de favoritisme. Mais pour boucler la boucle, il signera le reboot de la saga avec S.O.S. FANTÔMES : L’HÉRITAGE.
Brandon Cronenberg, quant à lui, a prolongé l’œuvre dérangeante de son père David en signant ANTIVIRAL puis INFINITY POOL, tandis que Louis Garrel, fils de Philippe Garrel et Brigitte Sy, s’impose devant et derrière la caméra. Même phénomène pour Jason Reitman et Roman Coppola qui ont bâti leur carrière à l’ombre de leur patronyme.
Cette domination masculine n’est pas surprenante : l’accès à la réalisation reste largement monopolisé par les hommes, et les « fils de » sont plus nombreux à bénéficier d’un environnement propice.
À côté, les réalisatrices issues de familles célèbres se comptent sur les doigts d’une main. Outre Sofia Coppola et Julie Pacino, on pense à Angelina Jolie, fille de l’acteur Jon Voight et de la comédienne Marcheline Bertrand, devenue réalisatrice engagée, ou à Riley Keough, petite‑fille d’Elvis Presley qui est récemment passée derrière la caméra avec WAR PONY, récompensé à Cannes 2022.
Les femmes issues de dynasties hollywoodiennes restent rares. La génération actuelle montre cependant une volonté de s’émanciper du patronyme : que ce soit Maya Hawke, Jack Quaid ou Lily‑Rose Depp, tous revendiquent une identité propre malgré un héritage prestigieux.
L’histoire retiendra si Julie Pacino parvient à faire entendre sa voix dans un paysage où les « nepo‑babies » masculins sont légion.



