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Le Règne animal, « l’autre » grand film français de 2023

Forcé d’évoluer (comme tous les autres) dans l’ombre d’Anatomie d’une chute, le deuxième long-métrage de Thomas Cailley n’en demeure pas moins l’un des chocs sortis l’année dernière. Récompensé par cinq César et joli succès au box-office, Le Règne animal est déjà disponible sur CANAL+.

Une œuvre inclassable

Au milieu d’un embouteillage, un père et son fils ado se disputent sous les yeux de leur adorable chien, mais leur échange est interrompu par des coups en provenance d’une ambulance, dont finit par s’échapper une mystérieuse créature ailée.

Dès cette scène d’intro d’une tension suffocante, LE RÈGNE ANIMAL semble nous avertir qu’il n’est pas un film comme les autres. Cette œuvre inclassable qui mélange les genres est à la fois un récit initiatique sur les transformations de l’adolescence, le passage à l’âge adulte, la difficulté pour les parents de voir les enfants grandir et quitter le nid, et une fable fantastique qui interroge notre rapport au vivant.

Des mutations inexpliquées

François (Romain Duris, dans un de ses meilleurs rôles) tente d’y retrouver Lana, sa femme et la mère d’Emile (Paul Kircher, une grande révélation), dans un monde où certaines personnes se transforment inexplicablement en créatures hybrides entre humains et animaux.

Lana en fait partie, et semble se cacher dans la forêt des Landes de Gascogne – magnifiquement filmées par David Cailley, le chef opérateur récompensé par le César de la Meilleure photo.

Cette quête un peu désespérée ne se fait pas sans heurts, car Emile voit lui-même son corps changer, ce qui complique ses relations avec son père et ses camarades (dont son crush, Nina) dans sa nouvelle école, le tout sous le regard d’une gendarme un peu dépassée par la situation et incarnée par Adèle Exarchopoulos.

Une fable utopique bouleversante

Mais attention, LE RÈGNE ANIMAL n’est absolument pas un film catastrophe classique à l’américaine. Certes, Thomas Cailley a bénéficié de moyens importants pour créer notamment des costumes et des effets visuels incroyables – principalement pratiques, ces derniers rendent les créatures très tangibles – primés tous les deux aux César.

Mais l’air de rien, son film subtilement politique et utopique est surtout une réflexion sur nos rapports conflictuels avec la nature qui nous entoure et notre incapacité à vivre en harmonie avec elle et à accepter les différences d’autrui.

Et vous avez intérêt à prévoir des mouchoirs : LE RÈGNE ANIMAL compte au moins trois scènes bouleversantes – dont la dernière –, réhaussées par la superbe musique composée par Andrea Laszlo De Simone (César à la clé) et par un tube de Pierre Bachelet. Puisque l’on vous dit que ce n’est vraiment pas un film comme les autres…

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