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C’est quoi cette série déjantée avec Steve Carell ?

Dans ROOSTER, la nouvelle série de HBO MAX, l’acteur le plus drôle du monde endosse le costume d’un écrivain un peu ringard en résidence dans une université américaine. Confronté aux étudiants et aux profs, le visiteur tente de ne pas trop faire de vagues...

Quand un boomer débarque chez les millenials

De Steve Carell, on savait depuis THE OFFICE qu’il savait incarner comme personne Michael Scott, un patron neuneu persuadé d’être brillant ou Andy, ce quarantenaire geek resté vierge après plusieurs tentatives infructueuses dans 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU ou même un inquiétant magnat de la finance dans le film MOUNTAINHEAD. Cette fois-ci, on retrouve l’acteur à l’immense talent comique dans le rôle de Greg Russo, un écrivain de best-sellers engagé comme conférencier dans le Ludlow College, une petite université américaine.

Le héros de ses livres s’appelle, comme la série, ROOSTER - mot qui signifie « coq » en anglais -, c’est un détective tombeur à l’ancienne un peu beauf. Autrement dit, la venue du romancier lourdingue dans le petit monde bien propret des universitaires va faire des vagues. Tout d’abord, ses élèves le confondent avec son héros et lui est suffisamment maladroit pour entretenir la confusion. Ne refuse-t-il pas les avances d’une collègue en laissant croire que cela pourrait être à cause de sa couleur de peau ? Quand il tombe en plein cours, ne se rattrape-t-il pas par inadvertance à la poitrine d’une élève ? Sans parler de ses références qui sont dépassées et ses réflexions sexistes qui ne passent pas auprès d’étudiants très au fait des questions d’inclusivité, de respect, de genre. En un mot, Rooster est une bombe à retardement. Surtout lorsqu’il commence à faire la fête avec les étudiants qui ont la moitié de son âge...

Derrière la comédie, la dévotion d’un père pour sa fille

Cette résidence n’est pas la seule raison de sa présence dans ce nouvel environnement. Greg Russo est à l'origine venu rendre visite à sa fille Katie (Charlie Clive). Coup de bol, cette dernière vient d’être larguée par son mari, lui aussi prof et particulièrement prétentieux, qui vient de se mettre en ménage avec une jeune élève.

Son paternel va donc la soutenir du mieux qu’il peut afin qu’elle ne pète pas complètement les plombs dans cet univers où tout le monde, élève comme enseignant, sait tout sur tout le monde. Sauf qu’en tant que prof comme en tant que père, Greg n’a pas vraiment les codes, ce qui entraîne une succession de situations comiques hallucinantes. Il est notamment prêt à accepter tous les défauts et erreurs de sa fille, même lorsqu’elle incendie la maison de son ex…

Heureusement, Greg apprend à s’adapter et sur le campus, il y a encore pire que lui, notamment le doyen de l’université (John C. McGinley) qui, à 70 ans passés, croit mener une vie de mâle alpha ou sa secrétaire qui ne semble pas insensible au charme du nouveau-venu. Un univers parfait pour Steve Carell qui, comme à son habitude, balance une masterclass d'humour que l'on devrait enseigner en université.