Oubliez EUPHORIA, dans cette série Jacob Elordi plonge dans le chaos de la guerre
Dans THE NARROW ROAD, Jacob Elordi livre une performance aussi magnétique qu’inattendue. L’acteur australien s’attaque à un rôle radicalement différent, porté par l’ambition cinématographique du réalisateur Justin Kurzel.
Un héros loin d’être lisse
Oubliez les fantasmes de romance d’époque : THE NARROW ROAD n’est pas une fresque sentimentale mais une plongée poisseuse dans l’âme d’un homme broyé par la guerre et ses propres contradictions. Jacob Elordi y incarne Dorrigo Evans, un jeune médecin militaire pris entre une passion interdite avec la femme de son oncle, interprétée par Odessa Young, et l’atrocité de la captivité dans un camp japonais durant la Seconde Guerre mondiale. Dans ce rôle de composition, Elordi est tout sauf lisse : tantôt amant incandescent, tantôt chef militaire épuisé, puis vieil homme désabusé (interprété par Ciarán Hinds), son personnage traverse les époques comme on traverse un champ de ruines.
Inspiré du roman de Richard Flanagan, couronné du Booker Prize en 2014, la série refuse toute rédemption facile. Dorrigo n’est pas un héros tragique à la morale immaculée : il est lâche, courageux, égoïste, compatissant, tout à la fois. Cette complexité, Jacob Elordi l’embrasse à contre-courant des attentes du public qui l’a découvert dans EUPHORIA ou SALTBURN.

Jacob Elordi, une métamorphose physique et artistique
Si chaque apparition de Jacob Elordi sur tapis rouge fait fleurir une avalanche d’edits TikTok, c’est une tout autre image que propose THE NARROW ROAD. Pour incarner les prisonniers décharnés de la jungle thaïlandaise, le comédien et ses partenaires ont suivi un bootcamp de six semaines, entre régime draconien et tournage en conditions extrêmes. “On était tous dans le même bateau”, confie-t-il. Cette épreuve forge l’authenticité des scènes les plus dures de la série : amputations sans anesthésie, tortures, humidité constante…
Mais la transformation est aussi artistique. Dans ce premier rôle principal tourné en Australie, son pays natal, Elordi s’émancipe de son image de star montante pour incarner un personnage complexe, profondément ancré dans l’histoire collective australienne. Comme l’a souligné The Guardian, il ne joue pas un Australien : il incarne l’idée même de l’homme hanté par les cicatrices de son pays — colonisation, guerre, silence.
Sous la direction de Justin Kurzel (NITRAM, SNOWTOWN), et avec un scénario signé Shaun Grant, Jacob Elordi se révèle dans un registre exigeant, autant sur le plan physique qu’émotionnel, avec une justesse charismatique. À 27 ans, il n’est plus seulement un phénomène générationnel : il devient un interprète de premier plan, en quête de rôles à sa (nouvelle) mesure. À suivre de près.
