ÉVANOUIS : l’amour des cinéastes pour les chapitres dans les films
ÉVANOUIS a connu un succès presque instantané à sa sortie en 2025. Une ville en apparence tranquille se retrouve bouleversée par un terrible événement. Plusieurs habitants vont tenter d’élucider le mystère et pour raconter cette histoire, le réalisateur, Zach Cregger, divise le récit en 6 chapitres. Ainsi, le film entre dans la longue lignée des films dits « choral ». Mais d’où vient cette passion des cinéastes pour les chapitres ?
ÉVANOUIS : petite ville, gros mystère
ÉVANOUIS débute sur l’événement qui changera la ville paisible de Maybrook : la disparition de 17 élèves d’une même classe, la même nuit, à la même heure, 2H17. Sur les caméras de surveillance, les enfants apparaissent mais seuls. Personne ne les a tirés de leur lit, ils se sont levés et se sont soudainement mis à courir dans la même direction avant de disparaitre dans la pénombre. Comme pris de somnambulisme, ils s’élancent dans une course effrénée, bras étendus.
Au petit matin, la ville se réveille et les parents remarquent l’absence de leurs enfants. Seul l’un d’entre eux est toujours présent, Alex. Dès lors, l’enquête commence. Comme un Cluedo géant, des personnes impliquées de près ou de loin dans l’affaire sont observées :
• Justine (Julia Garner), la maîtresse de cette classe aux 17 disparus, devenue la risée de Maybrook
• Archer (Josh Brolin), père du petit Matthew, disparu lui aussi
• Paul (Alden Ehrenreich), un policier et l’ex-mari de Justine
• James (Austin Abrams), un toxicomane
• Marcus (Benedict Wong), directeur de l’école
• Alex (Cary Christopher), l’unique enfant à ne pas être parti cette nuit fatidique
ÉVANOUIS : dans la lignée des films choral
Avec ÉVANOUIS, Zach Cregger est loin d’être le premier à s’inscrire dans la lignée des films dits choral. Le film choral permet de suivre un récit du point de vue de plusieurs personnages, dont les vies d’entrecroisent.
Grand admirateur de MAGNOLIA de Paul Thomas Anderson, le réalisateur s’inspire de cette forme narrative pour structurer son intrigue. Il avait déjà expérimenté ce procédé dans son précédent film, BARBARE (2022), où le destin des personnages se trouve lié à une maison mystérieuse habitée par une créature appelée « La Mère ».
Dans ÉVANOUIS, l’arrivée en ville de Gladys, une mystérieuse femme aux dons particuliers, agit comme un élément déclencheur.
La segmentation sert de structure au récit et permet au spectateur de voir l'histoire se déployer par petites touches. De nombreux cinéastes ont recours à ce procédé : Stanley Kubrick (BARRY LYNDON, 2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE), Quentin Tarantino (PULP FICTION, KILL BILL, INGLORIOUS BASTERDS), David Fincher (GONE GIRL, THE SOCIAL NETWORK, SE7EN) ou encore, Wes Anderson, dont presque tous les films adoptent une structure similaire.
La manipulation de la chronologie peut être une méthode efficace pour approfondir les personnages et maintenir le mystère tout au long du film. Dans ÉVANOUIS, chaque chapitre est une pièce du puzzle. Le spectateur se glisse dans la peau des six personnages et rassemble les indices nécessaires pour comprendre ce qu’il s’est passé ce soir-là à 2H17 précise. Le long-métrage se conclut sur le chapitre d’Alex, le seul enfant à avoir échappé au sort des 17 autres : le puzzle est presque terminé et il est la pièce manquante, le pourquoi et le comment.
