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Avec PLAINE ORIENTALE, le Sud fascine toujours autant les séries

Oubliez le carte-postale, bienvenue dans la part sombre

Il y a les séries quotidiennes diffusées sur les grandes chaînes où un Sud de carte postale et de carton-pâte est montré sous tous les angles. Il fait beau, tout le monde est bienveillant avé l’accent, chaque maison a une peinture neuve, de préférence de couleur pastel et puis, il y a l’autre, celui de l’envers du décor, de la part sombre, celui des arnaques, des gros coups, de la dope, du banditisme et du racisme. Avec PLAINE ORIENTALE, quelques semaines après CIMETIERE INDIEN, autre série de CANAL+ explorant un Sud poisseux, c’est au tour de la Corse, île qu’on sait être de Beauté et de violence, de jouer les premiers rôles.

Une terre idéale pour déployer une tragédie entre clans

Dès la première scène du premier épisode de la série de Pierre Leccia, le décor est planté et l’ambiance pesante installée. Alors qu’un rassemblement de citoyens et de personnalités corses font une démonstration de force à l’attention des médias pour dénoncer le cilmat de violence qui règne sur l’île et la gangrène de la Mafia, le téléspectateur devine que ça commence trop bien… On n’en dira pas plus pour en rien spoiler mais le mécanisme de la tragédie est enclenché. Comme dans les pièces shakespeariennes, cette terre est d’abord une affaire de clans qui se partagent le pouvoir et les héros, Reda Campana (Raphaël Acloque), jeune homme sorti de prison et sa demi-sœur, magistrate tout juste nommée sur l’île, se retrouvent isolés entre différentes factions. Lui ne parvient pas à intégrer l’entreprise de ramassage de déchets de son père, désormais rangé des voitures et se voit obligé de basculer vers un autre en renouant avec les mauvaises fréquentations et le trafic de drogue tandis que Inès (Lina El Arabi) entre dans la forteresse assiégée de la justice par un clan maffieux dont elle entend faire tomber la tête. Ce territoire situé autour de Bastia a la particularité d’être divisé en communautés, chacune se méfiant des autres et disposant de ses propres codes. Ainsi, le personnage de Reda à la fois d’origine arabe et corse va difficilement trouver sa place mais saura naviguer entre les différentes familles.

Un maquis et une langue qui protègent les hors-la-loi

Cette plaine orientale est aussi pour le réalisateur un moyen de montrer que la Corse est géographiquement un maquis, c’est-à-dire une zone idéale comme à l’époque de la Résistance pour se planquer, pour cacher de la marchandise comme l’est la Méditerranée où le parrain local aime régler ses affaires depuis son bateau. Dans ce monde mouvant où les apparences sont trompeuses et où l’accent et le langage choisi (bonne chance à celui qui ne parle pas corse) classent immédiatement les protagonistes, seuls les habitués et les personnages fonctionnant à l’instinct et sachant calculer leurs coups peuvent s’en sortir. Ce Sud-là, comme dans MAFIOSA, l’autre grande série de CANAL + sur el banditisme en Corse n’est pas seulement étranger aux Nordistes, les gens du coin qui n’ont pas les codes, n’en voient que la moitié.

PLAINE ORIENTALE, une création originale disponible sur CANAL+ dès le 26 mai