Thomas Ngijol dans EMPATHIE, le rôle d’une vie ?
Dans la série de Florence Longpré sur la santé mentale, le comédien joue un étonnant infirmier psychiatrique. Loin de son registre habituel, il excelle et montre un palette de jeu impressionnante.
Fini le roi de la vanne ?
On l’a vu en dictateur d’un pays fictif dans LE CROCODILE DU BOTSWANGA, on l’a vu se découvrant un frère dans le maquis corse dans FRATÈ, en chômeur énervé voyageant dans le temps et devenant esclave dans CASE DEPART.... À chaque fois, il nous a fait beaucoup rire mais petit à petit le roi du stand-up a élargi sa palette de jeu jusqu’à son rôle dans la série EMPATHIE qui lui fait franchir une nouvelle étape dans sa carrière. Cette fois-ci, le comédien interprète un nouveau personnage tout en retenue et énigmatique en tant qu’agent d’intervention de l’institut psychiatrique Mont-Royal à Montréal. Face à l’arrivée tonitruante de Suzanne, la nouvelle psychiatre de l’institution, il reste de marbre. Si ses collègues sont sur la défensive, lui semble amusé par la nouvelle boss qu’il accompagne dans tous ses déplacements. Pince sans-rire et sérieux, Mortimer Vallant se dévoile peu à peu car il semble lire dans son jeu. Avec peu de dialogues, il montre qu’il a compris les failles de Suzanne et dès lors, il peut dévoiler les siennes. Bien sûr, quand elle découvre qu’il roule dans une voiture customisée en écoutant des bandes-originales de comédies musicales, elle est un peu désarçonnée...

Un charme imparable qui agit par petites touches
Avec son rôle de commissaire ombrageux dans son nouveau film en tant que réalisateur, INDOMPTABLES, sorti cette année, Thomas Ngijol avait prouvé qu’il savait s’atteler à des projets de choix. Cette fois, il joue carrément à contre-emploi, peut-être la position la plus dure pour un comédien. Fini la grande gueule, les vannes, les colères, il baisse la voix, il joue en dedans, beaucoup avec les silences et le regard. Et plus encore quand le téléspectateur va découvrir au fil des épisodes ses propres névroses, traumas et moyens de les surmonter. Avec au passage un invité auquel on ne s’attend pas. C’est comme ça que Suzanne pourrait peut-être comme nous tomber sous son charme. On note qu’au début, Mortimer propose à sa patronne de l’amener le matin au travail et qu’elle a volontiers accepté. A ce titre, on conseille au plus haut point la scène où Mortimer décrit sa dernière conquête à Suzanne dans un couloir de l’hôpital puis la façon dont elle les regarde plus tard dans un bar... Du grand jeu de part et d'autre.
