ECHO VALLEY : date de sortie, casting et intrigue de ce thriller familial

Sydney Sweeney et Julianne Moore, le feu et la glace
On ne peut que féliciter les responsables de la distribution de ce thriller. Ils ont non seulement choisi deux excellentes actrices mais aussi deux figures totalement opposées. D’une part, Sydney Sweeney, jeune blonde au physique incendiaire révélée par les séries EUPHORIA et THE WHITE LOTUS, dans le rôle de la jeune femme borderline qui prétend avoir tué son petit copain en self-défense et de l’autre, dans la rôle de sa mère, Julianne Moore, reine des actrices cérébrales tout autant habituée aux films d’auteur qu’aux grosses productions hollywoodiennes.

Chantage, association, trahison, les parfaits rouages d’un thriller
En fan des films noirs classiques, le réalisateur Michael Pearce et son scénariste Brad Ingeslby ont mis en place une mécanique d’une efficacité absolue. Quand sa fille Claire débarque en pleine nuit couverte de sang, sa mère Kate fait tout pour l’aider, y compris en cachant le cadavre de son assaillant. Seulement, petit à petit, le doute s’installe car le récit de la fameuse nuit du crime ne semble pas tout à fait correspondre à la réalité. Dès lors, l’association entre les deux femmes a du plomb dans l’aile et la tension monte d’un cran. Face à cette possition, on pense notamment au travail de barbet Schroeder sur J.F. PARTAGERAIT APPARTEMENT, au film CRUEL INTENTIONS et même pour l’ambiance nocturne à MULHOLLAND DRIVE de David Lynch. ECHO VALLEY apporte une variation d’importance car l’intrigue se déroule autour d’un ranch dans un décor idyllique le jour mais qui, une fois la nuit tombée, semble se refermer sur les deux protagonistes. La mère et la fille doivent d’abord affronter la pluie et la nuit, puis l’étang où elles ont l’intention de couler le cadavre avant de faire face aux possibles témoins et à leurs mensonges respectifs. Entre le sang et l'eau, elles sombrent petti à petit.

Deux actrices au sommet de leur talent
Avec ECHO VALLEY, Julianne Moore retrouve les rôles de femme qui perdent pied, ne sachant plus distinguer le faux du vrai, le réel du mensonge comme dans STILL ALICE (2014), A SINGLE MAN (2009) et le récent thriller SHARPER (2023) tandis que Sidney Sweeney prouve une nouvelle fois qu’elle est tout le contraire de la bimbo qu’on a cru voir en elle. Avec un registre large, des performances intenses, un visage constamment baigné de larmes, elle se montre capable de passer en quelques secondes de la victime à la coupable potentielle puis inversement. Du grand art.



