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Que vaut ce feel-good movie avec Hafsia Herzi ?

Présenté dans la sélection Un Certain Regard à Cannes, QUELQUES MOTS D’AMOUR marque le retour de Rudi Rosenberg derrière la caméra après LE NOUVEAU, toujours disponible sur CANAL+. Entre chronique adolescente, quête familiale et nostalgie des 90s, ce deuxième long séduit par sa douceur, son humour redoutable et son casting aux petits oignons.

Une quête intime dans la France des 90s

Sarcelles, 1995. Erika (que campe Hafsia Herzi) élève seule ses deux enfants. Sa fille Abigaëlle se persuade que son père, qu’elle n’a jamais connu, l’aime en silence quelque part. Lorsque l'adolescente se met en tête de le retrouver, Erika se sent obligée de l’aider, tout en cherchant à la protéger. En grandissant, la quête d’Abigaëlle se transforme en obsession, entraînant avec elle sa mère, sa meilleure amie, et tous ceux qui comptent.

Avec QUELQUES MOTS D’AMOUR, Rudi Rosenberg retrouve ce qui faisait déjà le charme de LE NOUVEAU, toujours disponible sur Canal+ : des dialogues pleins de naturel, une vraie tendresse pour ses personnages et une observation très juste des émotions adolescentes. Ici à une époque où Internet et les téléphones portables... n’existent pas encore, élément qui donne à la quête d'Abigaêlle une dimension romanesque faite d’attente, de messages laissés sur des répondeurs et de petits indices sur la vie de son père glanés au fil du quotidien. Rudi Rosenberg filme cette quête avec beaucoup de délicatesse, en laissant une jolie place aux personnages secondaires, tous croqués avec une vraie affection.

Ultra-sensible Hafsia Herzi

Dans un entretien accordé au Festival de Cannes, Rudi Rosenberg explique que le projet de QUELQUES MOTS D'AMOUR est né d’une envie très personnelle : parler d’une famille où l’amour existe sans jamais être verbalement exprimé. Le cinéaste raconte avoir grandi « dans un environnement où l’on ne se disait pas “je t’aime” », une pudeur familiale qui nourrit directement l'univers émotionnel du film.

Le jeune réalisateur insiste aussi sur l’importance d’Hafsia Herzi dans l’équilibre du récit, évoquant son « travail magnifique » et sa capacité à apporter immédiatement de la chaleur au personnage d’Erika. Il explique également avoir voulu l'entourer d'habitants de Sarcelles et d'acteurs non professionnels afin de préserver « l’authenticité » et la légèreté du film. L'actrice, également réalisatrice, (TU MÉRITES UN AMOUR, LA PETITE DERNIÈRE...) est accompagnée par la révélation Nour Salam, particulièrement touchante dans le rôle d’Abigaëlle.