PARIS POLICE 1910 : explication du verdict scandaleux et de la fin de la série
Jusque dans son final, la série PARIS POLICE 1910 s’est montrée cruellement fidèle à la véritable affaire Steinheil. Disponible sur CANAL+, cette ultime saison aura été un chemin tragique vers la perte d’humanité des protagonistes et le naufrage de leurs idéaux. Attention, cet article contient des spoilers.
« S’il y a un doute, il y a acquittement »
« PARIS POLICE, est-ce que ce n’est pas l’histoire d’une femme que la police n’a pas réussi à arrêter ? ». Ces mots de Fabien Nury, co-créateur de la série de CANAL+, résument à eux seuls la problématique du grand final de PARIS POLICE 1910.
Dans le dernier épisode, le procès de Marguerite Steinheil est au cœur du récit. Accusée du meurtre de son mari et de sa mère, la veuve parvient, avec l’aide de son avocate Jeanne Chauvin, à faire basculer l’opinion publique et le jury en sa faveur par des méthodes redoutables (et contestables).
Le premier coup de théâtre survient lors de la venue à la barre d’un comédien qui se présente devant la cour comme l’un des véritables responsables des meurtres. Bien que son témoignage soit rempli d'incohérences, le doute est instillé. Or comme le rappelle l’avocate : « S’il y a un doute, il y a acquittement ».

PARIS POLICE 1910 : un final particulièrement sombre
Et c’est précisément ce qu’obtient Marguerite Steinheil. Après avoir ému l’audience et montré toute sa fragilité en simulant un malaise, son second avocat se lance dans une longue plaidoirie (qui a duré plus de sept heures dans la réalité). Pour parachever le tout, l’annonce du « suicide » de Borderel, témoin clé dans l’affaire, finit de convaincre les jurés de prononcer l'acquittement.
Tout laisse à penser que, cette fois, la justice a failli. Ce dénouement s'inscrit parfaitement dans la note d'intention de ce troisième opus de PARIS POLICE : la saison de la déchéance morale, où les personnages s’enfoncent définitivement dans la noirceur.
Cette bascule s’est d’abord vue avec Fiersi qui, dans un moment de folie, a massacré Irma Barbet pour son implication dans la disparition de son fils. Elle s’est aussi fait ressentir lors de la mort tragique de Cochefert (devant une foule amorphe et déshumannisée), probablement le seul protagoniste profondément juste et fidèle à ses valeurs.

La noirceur terrible des personnages
Enfin, cette évolution de PARIS POLICE 1910 s’est traduite par la corruption morale d’autres personnages majeurs. Jeanne Chauvin est devenue une avocate cynique, prête à toutes les compromissions pour gagner. Jouin a dépassé ses fonctions de Comissaire en exécutant de sang-froid Borderel avant de maquiller sa mort en suicide — rappelant les méthodes de Puybaraud dans la première saison.
Sans oublier, le préfet Lépine qui a agi de manière purement politique, privilégiant la sauvegarde de sa réputation et de son poste au détriment de la vérité.
Néanmoins, il n’y a aucune complaisance de la part de Fabien Nury. La suite ne s’annonce d'ailleurs pas radieuse pour les rares survivants. Jouin semble totalement déconnecté de la réalité, frôlant la folie lorsqu'il annonce presque joyeusement à sa fille qu’il a tué un homme. De plus, alors qu’il souhaitait tout quitter pour vivre son amour avec Jeanne Chauvin, il se retrouve condamné à rester auprès d'une épouse qu’il n’aime pas.
De son côté, Marguerite Steinheil est peut-être libre et acquittée, mais elle est désormais condamnée à la solitude, sa fille Marthe refusant catégoriquement de rester à ses côtés. Comme nous le révèle un ultime carton de fin, la mère et la fille n’ont plus jamais été en contact après cette sombre affaire.
