Formule 1 : « Degner, Spoon » : le vocabulaire du Grand Prix du Japon de Formule 1
Le légendaire circuit de Suzuka fait partie des tracés dont les virages sont baptisés par des noms, et pas (uniquement) par des chiffres. Si vous n’êtes pas familiers avec ces appellations si particulières, vous êtes au bon endroit !
En Formule 1, les circuits présents au calendrier sont divisés en deux catégories : ceux dont les virages sont simplement baptisés par des numéros, et ceux dont les virages portent des noms. Des appellations propres à chacun des circuits utilisant cette méthode, et qui font souvent références à des lieux géographiques, ou à des personnalités connues dans le monde du sport automobile. Les virages du légendaire circuit de Suzuka, au Japon, sont justement identifiés par des noms. Du moins, la plupart d’entre eux...
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Suzuka, un tracé mythique en activité depuis plus de 60 ans
Suzuka célèbre cette année ses 64 ans d’existence. Le circuit japonais, situé à 150 kilomètres à l’est d’Osaka, a été construit en 1962 à la demande de Soichiro Honda, fondateur de la marque éponyme. Durant les premières années, il faisait office de piste de développement et d’essais officielle pour le constructeur. Le circuit a accueilli son premier Grand Prix de Formule 1 en 1987 et n’a été absent du calendrier que 4 fois depuis (notamment en 2020 et 2021, en raison de la crise mondiale du covid).
Suzuka est un circuit particulièrement apprécié des pilotes, pour sa technicité et les sensations qu’il offre. Il est considéré comme l’un des tracés encore « à l’ancienne », avec une piste étroite bordée de pelouse et de bacs à graviers qui ne tolèrent aucun écart. Il s’agit du seul circuit en forme de 8 du calendrier.
Les zones et virages iconiques du circuit de Suzuka
Virages 1 et 2 : si la plupart des virages du circuit sont identifiés par des noms, les deux premiers apparaissent comme l’une des exceptions. Ils pourraient presque être considérés comme une seule et unique courbe. Ce double droit en banking voit les pilotes passer à des vitesses impressionnantes, alors qu’ils sortent de la ligne de départ / arrivée.
Les S : plus une zone qu’un virage précis, les S (ou « S Curve » en Anglais) regroupent l’enchaînement des virages 3, 4, 5 et 6. Cette portion du circuit est extrêmement technique, avec quatre changements de direction, d’abord en montée puis en descente, le tout avec différentes inclinaisons de piste. Les pilotes doivent trouver la trajectoire parfaite leur permettant de conserver leur vitesse tout au long de cet enchaînement. En général, une mauvaise entrée dans le virage 3 est pénalisante jusqu’à la sortie du 6, et coûte de précieux dixièmes de seconde.

Courbe Dunlop : alors que les pilotes sortent des S par la descente du virage 6, ils attaquent une nouvelle montée plus prononcée, avec une longue courbe à gauche complètement à l’aveugle. Comme dans l’enchaînement précédent, tout est ici question de dosage de l’accélération pour ne pas perdre le train arrière.
Degner : ce nom désigne les virages 8 et 9 du circuit. L’appellation peut regrouper les deux, ou bien être scindée en Degner 1 et Degner 2 (comme les Lesmo de Monza). Le premier droit se passe à très haute vitesse, alors que la piste est inclinée vers le point de corde. On a souvent vu des pilotes partir à la faute et finir dans le bac à graviers situé juste après le vibreur. Degner 2 passe moins vite, mais marque un nouveau changement de dénivelé, la sortie du virage étant en montée.
Hairpin : après Degner 2, les pilotes profitent d’une courte ligne droite, puis d’un virage à droite à l’aveugle (le 10) qui débouche sur une zone de freinage très technique, qu’il vaut mieux ne pas rater. Car après cette courbe à droite, les pilotes arrivent dans une épingle à gauche, baptisée Hairpin. On l’a vu au fil des éditions, plusieurs trajectoires sont possibles : serrée pour parcourir moins de distance, ou avec plus d’amplitude pour optimiser la sortie avec une meilleure vitesse. Les dépassements à cet endroit sont souvent spectaculaires et requièrent une bonne dose de confiance.
Spoon Curve : la section après Hairpin, une interminable courbe à droite à nouveau en descente, se négocie à fond absolu jusqu’à la zone de freinage de Spoon. Ce double gauche ressemble aux deux premiers virages, à ceci près qu’il n’y a pas de banking à cet endroit. La piste est même en dévers (inclinée vers l’extérieur) dans la deuxième partie de l’enchaînement.
130R : incontestablement l’endroit le plus spectaculaire du circuit. Après Spoon, les pilotes attaquent une autre longue ligne droite en montée jusqu’à arriver sur le 130R. Un virage à gauche qui, comme l’avait prouvé Fernando Alonso en 2005 en dépassant Michael Schumacher par l’extérieur sans effleurer sa pédale de frein, peut se passer à fond... Pour les plus courageux.
Casio Triangle : cette zone regroupe les trois derniers virages de Suzuka (les 16, 17 et 18). Là encore, un enchaînement très technique, avec un gros point de freinage en entrée après le 130R, et une chicane dont la sortie est en descente et débouche sur une longue courbe à droite qui passe à fond. Celle-ci conditionne la vitesse d’approche du premier virage, situé au bout de la longue ligne de départ / arrivée.
Crédits photos : IconSport
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