Aller au contenu principalAller à la recherche

Le rôle percutant de Malou Khebizi après DIAMANT BRUT et ENZO

Révélée dans DIAMANT BRUT d’Agathe Riedinger puis remarquée pour son rôle dans ENZO de Robin Campillo, Malou Khebizi poursuit son ascension avec LE TRIANGLE D’OR, le premier long métrage d’Hélène Rosselet-Ruiz présenté en séance spéciale au Festival de Cannes. Dans ce huis clos étouffant, elle incarne Laura, une jeune femme engagée au service de Souria, une riche Saoudienne interprétée par Soundos Mosbah. Entre fascination, dépendance et rapports de classe, leur relation prend rapidement des allures troubles.

Un luxe glaçant, loin des fantasmes

Pour gagner sa vie avant d’intégrer l’armée, Laura (Malou Khebizi) accepte un emploi au service de Souria (Soundos Mosbah), installée dans un hôtel particulier du Triangle d’or parisien par son amant, un riche prince saoudien. Alors qu’elle découvre cet univers de luxe démesuré et de surveillance permanente, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. Mais Laura comprend peu à peu qu’un danger plane sur Souria et que cette cage dorée pourrait bien se refermer sur elles deux.
LE TRIANGLE D’OR plonge dans un univers rarement montré au cinéma : celui des ultra-riches et de celles et ceux qui travaillent dans leur ombre. « C’était la première fois que je lisais un scénario aussi original », raconte Malou Khebizi. « Et je trouvais belle la relation entre Laura et Souria, ces deux femmes complètement à l’opposé, ces deux mondes qui se rencontrent. » À travers le regard de Laura, le premier long métrage d’Hélène Rosselet-Ruiz explore les rapports de classe, la domination sociale et la manière dont les rôles finissent par s’inverser.

« Le film devient intéressant justement parce qu’au bout d’un moment, on ne sait plus qui domine l’autre. »

Dans LE TRIANGLE D’OR, la jeune réalisatrice évite soigneusement toute fascination pour le luxe tapageur et filme les personnages évoluant dans une immense demeure saoudienne présentée comme une prison dorée. « Elle ne montre pas le luxe comme quelque chose d’impressionnant », analyse Malou Khebizi. « C’est le côté luxe-enfermement, la solitude de ces gens-là, qui l’intéresse. » Pour préparer le film, les actrices se sont nourries de témoignages réels et d’enquêtes sociologiques sur les domestiques au service des grandes fortunes. Une approche presque documentaire qui donne au film sa puissance politique et son atmosphère inquiétante.

Malou Khebizi poursuit son ascension

Au centre du récit, la relation entre Laura et Souria évolue sans cesse, jusqu’à créer une forme de miroir entre les deux femmes. Malou Khebizi et Soundos Mosbah ont longuement travaillé ensemble avant le tournage afin de construire cette dynamique mouvante. « Très vite, c’est devenu notre film. On était collées », raconte la comédienne. « Même dans les scènes très dures, il y avait un vrai climat de confiance entre nous. » Une proximité qui nourrit toute l’ambiguïté du film. Laura adopte peu à peu certains codes de féminité de Souria, tandis que cette dernière semble elle aussi transformée par cette rencontre inattendue.
« Quand on aime les gens, on finit par faire du mimétisme. Et puis Laura devient indispensable pour Souria parce que c'est quelqu'un qu'on ne peut pas acheter ».

Après sa révélation dans DIAMANT BRUT d’Agathe Riedinger, en Compétition à Cannes en 2024, où elle incarnait une jeune femme fascinée par la télé-réalité et les réseaux sociaux, prête à tout pour accéder à une forme de célébrité, soit un rôle à l’opposé du TRIANGLE D’OR, Malou Khebizi, poursuit joliment son chemin. L’actrice est aussi à l’affiche de MARIAGE AU GOÛT D’ORANGE de Christophe Honoré, présenté dans la catégorie Cannes Première sur la Croisette cette année, et on retrouvera bientôt sa voix dans GARCES, une série d’animation féministe se déroulant à Marseille.