Aller au contenu principalAller à la recherche

The Substance : Demi Moore est-elle doublée dans ce film choc ?

"The Substance", prix du scénario au dernier Festival de Cannes, ne laisse personne indemne. Coralie Fargeat signe un film radical sur le corps, la féminité, et la violence sourde des injonctions sociales. Un vrai uppercut porté par Demi Moore et Margaret Qualley à découvrir sur CANAL+ dès le 14 mai.

The Substance : l'uppercut de Coralie Fargeat

Comme pour son premier film, Revenge, la réalisatrice française Coralie Fargeat n’est pas du genre à tourner autour du pot : The Substance est un film sur le corps des femmes. Sur les injonctions esthétiques, la pression sociale, le rejet du vieillissement et l’injonction à la perfection.

Dans sa note d’intention, la réalisatrice évoque une « prison » construite par la société, dans laquelle les femmes intériorisent l’idée qu’elles ne valent plus rien au-delà d’un certain âge, d’un certain poids, ou dès qu’elles échappent aux normes dominantes.

Cette violence systémique, elle a choisi de l’incarner à travers un récit de transformation. Dans un futur indéfini, une mystérieuse substance permet aux femmes de générer une version plus jeune, plus séduisante, plus désirable d’elles-mêmes. Mais le corps ne se laisse pas effacer sans résistance.

Le film prend la forme d’une satire gore, parfois absurde, souvent brutale, toujours politique. Prothèses, déformations, démembrements... La chair devient terrain de lutte, d’oppression, mais aussi de reconquête. Coralie Fargeat assume l’excès comme une forme d’émancipation. « Ce film est un grand cri : il est temps de faire exploser tout ça », écrit-elle. Et elle le fait, sans retenue, ni détour.

Demi Moore, qui a reçu le Golden Globe de la meilleure actrice pour ce rôle, incarne une figure de star déchue confrontée à l’effacement programmé de son corps et de son image. À ses côtés, Margaret Qualley campe une présence plus trouble, liée à cette mystérieuse substance censée offrir une seconde jeunesse. Le duo fonctionne comme un miroir déformé, au cœur d’un récit où la transformation physique devient une guerre à ciel ouvert.

Demi Moore est-elle doublée dans The Substance ? Ce qu’il faut vraiment savoir

Oui, Demi Moore a été doublée dans "The Substance", mais uniquement pour certaines scènes précises, souvent techniques ou physiquement exigeantes. L’actrice incarne le rôle principal et apparaît bien dans toutes les scènes clés, notamment les plus intimes. La séquence où elle se tient nue face à un miroir est bien interprétée par elle. « J’ai ressenti une certaine libération à me dénuder », a-t-elle confié au New York Times. « Oui, je peux clairement me dire durant cette scène : mon cul est affreux ! Mais vous savez quoi, ça ne me dérange pas. »

Pour d’autres séquences, notamment celles impliquant des transformations physiques avancées ou des postures longues et douloureuses, la production a eu recours à des doublures.

La Française Sylvia Bazin a assuré une partie des plans de corps, mains, jambes, pieds, et certaines scènes de nudité frontale. Elle a raconté son expérience sur TikTok, expliquant avoir été recrutée à partir de photos. « Si vous avez vu le film, vous avez vu mes mains », précise-t-elle, ajoutant que son rôle consistait à intervenir lorsque les plans étaient longs ou répétitifs, ou que seule une partie du corps apparaissait à l’image. Elle décrit aussi une ambiance de tournage bienveillante. « J’adorais Demi déjà avant, et là je l’adore encore plus car elle est adorable comme femme. Demi était toujours souriante. »

Sur la fin du film, lorsque le personnage vieillit, s’affaiblit et court voûté, c’est aussi Sylvia Bazin qui prend le relais à l’écran. En parallèle, deux doublures cascadeuses et deux autres doublures corporelles ont été mobilisées pour certaines scènes plus risquées. D’après The Hollywood Reporter, une séquence de confrontation particulièrement violente a même "mis Demi Moore sur le carreau" selon les mots du superviseur des effets spéciaux Pierre-Olivier Persin, qui précise que l’actrice « était prête à faire tout ce qui était possible ».

Ce travail d’ensemble s’appuie sur une fabrication très artisanale. Coralie Fargeat tenait à éviter au maximum les effets numériques purs. Elle a privilégié les effets pratiques : prothèses de maquillage, fausses peaux, détails anatomiques fabriqués et filmés directement à la caméra. Pour prolonger ces effets concrets, les VFX ont été utilisés en complément, notamment pour assembler ou affiner certains plans. La réalisatrice explique avoir voulu filmer "la chair" plutôt que des points de tracking sur fond vert, afin de conserver un rapport physique et viscéral à l’image.

Le tournage a duré 87 jours avec les comédiennes, puis s’est poursuivi dans ce que l’équipe appelait "le lab" : une unité réduite, mobilisée pendant près d’un mois pour capturer des inserts hyper détaillés. Dos qui se fendent, bras piqués, peau qui se décompose... Tous ces éléments ont été tournés dans de petits décors reconstitués, avec patience et précision. « C’était vraiment le laboratoire du savant fou », résume Coralie Fargeat.