JUSQU’À LA GARDE : explication de la fin choc du film. Qu’arrive-t-il à Julien ?
Sept ans avant de remporter le César de la meilleure actrice pour DOSSIER 137, Léa Drucker l'avait décroché pour son rôle dans JUSQU'À LA GARDE de Xavier Legrand, film implacable sur les violences conjugales. Explication de la fin du film, irrespirable, qui vous hantera encore longtemps.
JUSQU’À LA GARDE : un des meilleurs thrillers français de ces dernières années
JUSQU’À LA GARDE, sorti en 2018, après une présentation en compétition officielle à la Mostra de Venise, est le premier film de Xavier Legrand. Il s’agit de l’adaptation de son court-métrage AVANT QUE DE TOUT PERDRE, sorti en 2014.
Le film s’ouvre dans le bureau d’une juge des affaires familiales : Miriam (interprétée par Léa Drucker) et son ex-mari Antoine (Denis Ménochet) se disputent la garde de leur fils Julien (Thomas Gioria). Miriam accuse Antoine de violences physiques, mais elle n’a pas de preuves. Julien, auditionné en l’absence de ses parents, écrit à la juge qu’il ne considère pas Antoine comme un père et qu’il est soulagé que ses parents divorcent. Malgré ses paroles, la magistrate prononce une garde alternée : Antoine obtient un droit de visite pour les week-ends, tandis que sa fille de 17 ans, Joséphine (Mathilde Auneveux), est jugée assez âgée pour refuser de voir son père. Cette décision marque le début d’une chronique de la terreur.
Le film adopte une structure narrative d’une précision mécanique. Chaque scène installe une situation qui bascule progressivement vers l’angoisse à mesure qu’Antoine cherche à maintenir son emprise sur sa famille. Alors qu’il apparaissait humilié et sincère devant la juge, la caméra révèle progressivement toute la rage et sa possessivité, jusqu'à faire de lui un véritable monstre horrifique façon Jack Nicholson dans SHINING.
À travers ce thriller intime, Xavier Legrand voulait montrer que la séparation d’un couple avec un mari violent n’est pas la fin de la violence et que la période la plus dangereuse pour une femme est justement celle de la rupture ou de la séparation. En outre, il montre également comment les institutions (tribunal, police, services sociaux) sont mal équipées pour repérer l’emprise et la manipulation. La juge cherche l’équilibre, mais sa décision donne à Antoine l’occasion de poursuivre ses violences.
À sa sortie dans les salles, JUSQU’À LA GARDE a attiré plus de 800 000 spectateurs. Lors de la 44ᵉ cérémonie des César 2019, le long-métrage a remporté cinq statuettes, dont celle du meilleur film. Léa Drucker a reçu son premier César de la meilleure actrice, sept ans avant de le recevoir pour DOSSIER 137 aux César 2026 qui ont eu lieu la semaine dernière.
JUSQU’À LA GARDE : explication de la fin du film
La dernière partie de JUSQU’À LA GARDE bascule dans du pur thriller horrifique. Après une séquence irrespirable se déroulant dans la salle des fêtes, où Joséphine fête son anniversaire, et où on s’attend à ce qu’Antoine débarque à n’importe quel moment semer la terreur, ce dernier cherche à se venger d’avoir été interdit de fête, et débarque chez son ex-femme, armé d’une carabine. Devant cette scène, la voisine de Miriam appelle la police.
Après avoir tenté d’ouvrir la porte à coups de pied, Antoine tire un coup de carabine, et parvient à pénétrer dans l’appartement. Pour se protéger, Miriam et Julien, terrorisés, se réfugient dans la baignoire et barricadent la porte de la salle de bain sur les conseils de la police.
Alors que Miriam est toujours au téléphone avec un policier, Antoine, avance, calme, et méthodique, vers la salle de bain et tente d’ouvrir la porte. Les policiers l’interceptent avant qu’il ne puisse recharger son arme. Julien et Miriam, terrorisés, entendent l’intervention à travers la porte et s’effondrent en larmes, toujours dans la baignoire. Miriam finit par ouvrir la porte lorsqu’une policière vient les chercher. Le film se termine sur un regard entre Miriam et la voisine, qui en appelant la police, lui a probablement sauvé la vie, et celle de Julien. La porte d’entrée de l’appartement de Miriam se referme, portant encore les stigmates des trous de carabine, comme autant de traumatismes auxquels Julien et sa mère devront faire face.
