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"Ça va bien se passer, Dadju", la série docu sur l’ascension d’une superstar de la chanson

Sorti de l’ombre écrasante de la Sexion d’Assaut et de son frère (Gims) depuis longtemps, l’artiste franco-congolais est aujourd’hui capable de remplir un stade comme le Parc des Princes. À l’occasion de ce concert exceptionnel, Dadju est revenu longuement sur toutes les étapes de son parcours, pour une Création Documentaire CANAL+ tournée sur plusieurs années et dans son intimité.

Une enfance difficile

« La foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit ». Cette phrase entendue alors qu’il enregistrait son premier album, Dadju s’en souvient encore. À l’époque, il vient de se lancer en solo après avoir quitté le duo The Shin Sekaï qu’il formait avec le rappeur Abou Tall, tout en travaillant chez Mc Donald's. Et on ne manque jamais une occasion de lui rappeler qu’il est le frère de Gims, et donc qu’il est peu probable de le voir percer comme lui dans le milieu de la musique.

Mais on le comprend dès le premier épisode de cette série documentaire, Dadju est du genre persévérant, et il est surtout animé par un sentiment très fort de revanche sociale. Il se livre en effet largement sur son enfance difficile, où sa mère a dû l’élever seule après le départ soudain de son père – chanteur avec Papa Wemba –, naviguant de toit en toit sans argent ni papiers d’identité en poche.

De cette période de précarité où il n’était pas rare pour eux de dormir à la rue ou dans des parties communes – ce que la série représente avec des passages animés très réussis –, Dadju garde à l’évidence un traumatisme, qui le pousse aujourd’hui à travailler sans s’arrêter par peur que sa famille se retrouve dans le besoin.

Un lien particulier avec le Congo et l’Afrique

Il avoue lui-même être hanté à l’idée que ses trois enfants vivent la même galère financière que lui au même âge, et on comprend également qu’il craint d’imiter son père absent en raison de ses tournées incessantes, qui l’éloignent constamment du domicile familial installé à Marrakech.

Un épisode rend donc forcément hommage au travail de mère accompli par sa femme, qui témoigne elle aussi longuement mais en préservant comme toujours son anonymat pour tenter de conserver un peu de normalité et de tranquillité dans une vie qui reste peu commune. Le lien très fort tissé entre Dadju et sa mère depuis son enfance est aussi mis en évidence, notamment dans un épisode où il est filmé en tournée dans le pays dont il est originaire, le Congo.

Sur une bonne partie du continent africain, on peut constater que Dadju est bien plus qu’une star : il est une icone qui fait rayonner les rythmes et les sonorités afro dans le monde entier, avec son R&B à fleur de peau où il n’hésite jamais à se livrer sur ses sentiments profonds, déclenchant l’hystérie d’un public fidèle et très féminin, tombé sous le charme de chansons d’amour comme Reine (2017) et d’un artiste au charme foudroyant.

Un artiste au bord du burn-out

La série le rappelle pourtant, cette orientation musicale n’allait pas de soi au départ. Dadju s’est en effet fait connaître dans l’ombre de la Sexion d’Assaut au début des années 2010 et il le dit lui-même, il a commencé par délaisser la chanson qu'il aimait au profit du rap en raison du milieu dans lequel il évoluait.

Et aujourd’hui encore, beaucoup d’hommes se cachent pour l’écouter, comme le rappellent certaines des très nombreuses personnalités interrogées dans la série, de Ninho à Soprano en passant par Gims lui-même. Mais Dadju a été à l’avant-garde d’une tendance mélangeant chanson, rap et sensibilité assumée, et le succès a été considérable.

La série suit notamment le chanteur en tournée aux Etats-Unis, où il avoue lui-même être au bord du burn-out en raison du planning qu’il s’inflige, entre la sortie d’un film (Ima), d’un troisième album (Cullinan) et la préparation de son concert géant au Parc des Princes, reporté plusieurs fois en raison du Covid-19 mais sur lequel il n’a pas le droit de se planter. Dans la catégorie musique urbaine, il est le premier artiste à se produire dans l’enceinte légendaire du PSG.

Le dernier épisode est d’ailleurs entièrement consacré à cet événement en forme d’apothéose, qui finit évidemment par bien se passer. Et on se dit que la suite de l’histoire pourrait mener Dadju au Stade de France. Mais on lui conseille plutôt de prendre un peu de repos, il l’a bien mérité.

Ça va bien se passer, Dadju, une Création Documentaire en six épisodes, disponible sur CANAL+.