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PARIS POLICE 1910 : que sont devenues Marguerite Steinheil et sa fille après le procès ?

Disponible sur CANAL+, PARIS POLICE 1910 raconte les dessous de la sulfureuse affaire Marguerite Steinheil. Après son procès retentissant, la veuve s’exila en Angleterre tandis que sa fille perdit sa nationalité française.

La fin de PARIS POLICE

La saga PARIS POLICE est officiellement terminée. Après deux premières saisons diffusées sur Canal+ (en 2021 et 2022), le troisième et dernier chapitre s’est conclu sur le procès de Marguerite Steinheil.

L’intrigue principale de PARIS POLICE 1910 tournait autour de cette véritable affaire de double meurtre survenu dans la demeure de l’ancienne maîtresse du président Félix Faure. Le mari et la mère de Marguerite Steinheil avaient été retrouvés morts, tandis que cette dernière prétendait avoir été ligotée par des cambrioleurs.

Rapidement, la veuve a été soupçonnée d’avoir elle-même orchestré ces crimes, la police ne croyant pas à sa version des faits. Mais alors que le destin de Marguerite Steinheil semblait tout tracé, son procès a finalement tourné à son avantage, lui permettant d’être acquittée par les jurés le 14 novembre 1909.

Marthe face aux premiers paparazzi

Après cette affaire ultra-médiatisée, Marguerite Steinheil et sa fille ont vu leurs chemins se séparer. La première quitta la France, tandis que la deuxième devint la cible privilégiée de la presse, toujours à la recherche de scandales.

La revue Les Annales politiques et littéraires racontait en janvier 1911 comment Marthe Steinheil avait vécu à ses dépens les prémices du paparazzisme, en rapportant sa rencontre brutale avec deux photographes à la sortie de son domicile de l'impasse Ronsin :

L’un des photographes la saisit par les épaules, la maintint de force au milieu de la chaussée, tandis que l’autre opérait... Le lendemain, elle eut le désagrément de voir son portrait — et quel portrait ! — reproduit dans les journaux.

Le mariage de Marthe avec Raphaël del Perugia, le 25 juillet 1911, n’arrangea pas tellement sa situation. Son époux étant d’origine italienne, la loi française de l'époque lui fit perdre sa nationalité d'origine. Elle eut néanmoins un enfant, qu’elle dut élever seule après la mort de son mari, tué au front durant la Première Guerre mondiale le 7 mai 1915.

Madame Steinheil devient Lady Abinger

C’est justement pour fuir la pression médiatique que la tristement célèbre Marguerite Steinheil s’installa de son côté en Grande-Bretagne sous le pseudonyme de Madame de Serignac.

Mais après avoir publié ses mémoires en 1912 — dans lesquelles elle livrait sa version des faits —, elle fut publiquement accusée de parjure par le criminologue Hargrave Lee Adam, qui publia une contre-enquête en 1914. Madame Steinheil parvint néanmoins à faire interdire et retirer cet ouvrage des rayons.

En parallèle, celle que l’on surnommait « Pompe funèbre » rencontra Lord Robert Brooke Campbell Scarlett, 6e baron Abinger, et l’épousa le 26 juin 1917. Ensemble, ils s'installèrent dans une propriété à Hove, près de Brighton. Mais leur union prit fin dix ans plus tard, au décès du baron Abinger en 1927. Une mort jugée naturelle et qui ne donna lieu à aucune enquête.

La même année, Lady Abinger fut la victime d’une tentative d’enlèvement au Maroc, avant d’être libérée contre le versement d’une importante rançon. Après cet ultime événement dramatique, sa vie redevint beaucoup plus calme et elle ne fit plus parler d’elle jusqu’à sa mort en 1954, à l’âge de 85 ans.