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Validé : une série blindée de références

Les vrais savent. Dès le début, le ton est donné. D’un côté, il y a ces plans larges sur ces grands ensembles bétonnés, tournés aux drones et probablement pensés comme un clin d’œil aux clips de PNL et consorts. De l’autre, il y a cette séquence chez Planète Rap, tournée chez Skyrock aux côtés des figures historiques de la radio : Fred Musa, l’animateur, et Laurent Bouneau, le grand patron. D’emblée, le message est donc clair : Franck Gastambide souhaite ancrer sa fiction (la première sur le rap français) dans la réalité.

Mieux, le réalisateur de Pattaya et de Taxi 5 donne vie ici à une série très contemporaine, où on cite plus volontiers en référence Lacrim que NTM, où les affiches d’Aya Nakamura ont remplacé celles de Diam’s, où les clips arty de MC Solaar font moins rêver que ceux de MHD ou de la Mafia K’1 Fry. La vidéo de Pour ceux est d’ailleurs mentionnée dans la série, et c’est assez drôle quand on sait que Franck Gastambide y faisait une apparition, accompagné de son pitbull.

Le jeu des 7 références. En interview, Franck Gastambide le répète à l’envie : Validé est grandement inspiré d’Entourage. Alors, forcément, les cadors du rap français passent tous piquer une tête dans la série. Il y a les anciens (Kool Shen, Busta Flex, Dry, Rim’k, Soprano) et la nouvelle scène locale (Lacrim, Ninho, S.Pri Noir), mais également tout le gratin du rap parisien (et donc hexagonal) : la journaliste Juliette Fievet, Oumar Samaké (manager de Dinos et Dosseh), Pascal Cefran du Mouv’ ou encore Fif de Booska-P.

Pour les plus pointus, c’est même avec un plaisir non dissimulé que l’on constate que certaines scènes semblent découler directement d’évènements réels : sans trop en dévoiler, disons simplement qu'une scène est clairement pensée comme un clin d'œil à cette fois où 50 Cent a acheté toutes les places de concert de Ja Rule, condamnant ce dernier à performer dans une salle vide…

En phase avec son temps. La force de Validé, ce qui lui permet d’éviter le piège de l’exercice de style, c’est aussi d’être portée par le charisme de Hatik, jeune rappeur à la voix rugueuse, en phase avec les codes du rap actuel, dont le potentiel paraît illimité : on connaissait son sens de la punchline qui tabasse grâce à sa première mixtape (« Chaise pliante », sortie l'année dernière), on lui découvre aujourd'hui de vrais talents d'acteurs, tout en retenue et en noirceur. À l’image de la série, assez tendue et d’ores et déjà validée par CANAL+ pour une deuxième saison.

 

VALIDÉ, dès le 20 mars, seulement sur CANAL+.