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11 septembre : ces deux films indispensables à voir pour comprendre les événements

Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, le cinéma reste aussi un moyen de comprendre comment cette journée s’est déroulée. En 2006, à quelques mois d’intervalle, Paul Greengrass et Oliver Stone signaient deux films très différents consacrés aux événements : VOL 93 et WORLD TRADE CENTER. Le premier nous emmène à bord du quatrième avion détourné, le second au pied des tours, auprès de policiers ensevelis sous les décombres.

VOL 93 : dans le quatrième avion détourné

Le 11 septembre 2001, quatre avions sont détournés par des membres d’Al-Qaïda. Deux frappent les tours du World Trade Center, un troisième le Pentagone. Le quatrième, le vol United Airlines 93, n’atteindra quant à lui jamais sa cible, grâce au courage insensé des passagers.

Le cinéaste Paul Greengrass, fervent amateur de faits réels, s’est emparé de ce récit pour son film tout simplement intitulé VOL 93. Le réalisateur suit en parallèle les passagers et membres d’équipage présents dans l’avion, mais aussi les contrôleurs aériens qui comprennent progressivement que quelque chose d’anormal est en train de se produire dans le ciel américain. Le film avance quasiment en temps réel, avec très peu de visages connus et une caméra au plus près des personnages pour capter toute la panique qui se déroulait ce matin-là. Plusieurs professionnels présents dans les centres de contrôle ce jour-là jouent même leur propre rôle, notamment Ben Sliney, alors responsable des opérations aériennes nationales.

Paul Greengrass avait en amont effectué un travail colossal auprès des familles des victimes. Les proches des passagers ont été interrogés pendant des heures, tout comme les personnes ayant reçu leurs derniers appels. Les acteurs ont ensuite utilisé ces témoignages, photos et vidéos personnelles pour préparer leurs rôles, notamment le célèbre « let’s roll ! » qu’a prononcé Todd Beamer au téléphone avant de s’attaquer aux terroristes.

Car les appels passés depuis l’avion sont essentiels pour comprendre ce qui s’est joué à bord. Les passagers apprennent progressivement que d’autres appareils ont déjà frappé New York et Washington. Ils comprennent alors que leur propre avion doit lui aussi servir d’arme et décident de tenter de reprendre le contrôle du cockpit.

Le vol 93 s’écrase finalement à Shanksville, en Pennsylvanie, à 10h03. Aucun des 44 occupants ne survit. La cible exacte reste inconnue, même si le Capitole fait partie des hypothèses les plus sérieuses. Le film s’arrête avec le crash, sans épilogue et sans chercher à prolonger l’émotion.

À sa sortie, VOL 93 impressionne largement la critique et va jusqu’à décrocher deux nominations aux Oscars : meilleur réalisateur pour Paul Greengrass et meilleur montage.

WORLD TRADE CENTER : au coeur des décombres

Quelques mois plus tard, Oliver Stone raconte la même journée depuis New York.

WORLD TRADE CENTER suit John McLoughlin et Will Jimeno, deux policiers de la Port Authority interprétés par Nicolas Cage et Michael Peña. Le matin du 11 septembre, ils font partie des hommes envoyés au World Trade Center pour participer aux évacuations. Lorsque les tours s’effondrent, ils se retrouvent ensevelis sous des tonnes de gravats.

Le film s’appuie directement sur leur histoire. Les véritables McLoughlin et Jimeno avaient accepté de céder leurs droits après avoir rencontré la productrice Debra Hill et ont ensuite participé au développement du projet. Tous deux font partie des vingt personnes sorties vivantes des décombres de Ground Zero après les effondrements.

Oliver Stone commence par suivre leur arrivée sur les lieux, avant de passer une grande partie du film sous les ruines avec eux. En parallèle, WORLD TRADE CENTER montre leurs familles qui attendent des nouvelles pendant que les secours cherchent encore des survivants.

Le réalisateur avait d’ailleurs choisi de rester très proche de cette histoire précise. Les images des avions percutant les tours ne sont pas rejouées et le film s’intéresse surtout aux policiers, aux pompiers, aux secouristes et à leurs proches. Paramount le présentait à l’époque comme une « histoire humaine », et Stone répétait lui-même qu’il ne voulait pas faire un film politique sur le 11 septembre.

Le résultat offre un autre point de vue sur cette journée. VOL 93 permet de suivre presque minute par minute la prise de conscience dans les airs et dans les centres de contrôle. WORLD TRADE CENTER montre ce qui se passe au sol lorsque les tours s’effondrent et que commencent les recherches dans les décombres.