GARANCE : Adèle Exarchopoulos nous a bluffés dans ce nouveau rôle, on va en entendre parler
Après JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, Adèle Exarchopoulos retrouve la réalisatrice Jeanne Herry pour GARANCE, présenté en compétition au Festival de Cannes 2026 et en salles ce 23 septembre. Un rôle d’actrice alcoolique traversant huit années de chaos intime, dans lequel la comédienne livre sans doute l’une de ses performances les plus impressionnantes à ce jour.
GARANCE : Adèle Exarchopoulos retrouve Jeanne Herry
Dans ses deux derniers films, PUPILLE et JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, Jeanne Herry filmait des gens qui tentaient de tenir debout grâce aux autres. Ses films parlent de réparation et de collectifs improvisés qui finissent par devenir des familles temporaires, le tout sans aucun cynisme.
Avec GARANCE, présenté en compétition au Festival de Cannes 2026, et au cinéma ce mercredi 23 septembre, la cinéaste change légèrement de mouvement puisqu'elle délaisse le récit choral pour s'intéresser à un seul personnage, une seule femme, même si les autres sont tout aussi importants à sa survie.
Cette femme, c’est Garance, actrice incapable de rester seule, qui se raccroche aux autres avec une intensité vitale. Jeanne Herry racontait à notre micro avoir voulu filmer quelqu’un de “très mobile”, toujours en déplacement, comme si le mouvement permanent empêchait l’effondrement.
Pour porter ce personnage, il fallait une actrice capable d’encaisser tous les états du film. Après JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, Jeanne Herry retrouve donc Adèle Exarchopoulos, qu’elle décrit comme idéale pour ce rôle “très exigeant”.
La survie c'est les autres
Ce qui traverse surtout GARANCE, et plus largement la filmographie de Jeanne Herry c’est la manière dont cette dernière regarde ses personnages, avec une infinie douceur. La réalisatrice le reconnaît elle-même à notre micro : les “mauvais sentiments” l’intéressent finalement assez peu.
Alors son cinéma va chercher comment filmer des personnages bienveillants sans les rendre naïfs, ou dans GARANCE comment montrer des gens qui s’aiment sans passer par la toxicité ou la domination, un schéma qui reste encore trop présent dans le cinéma d'aujourd'hui.
Cela se ressent particulièrement dans la relation entre Garance et Pauline (incarnée par Sara Giraudeau). Jeanne Herry refuse le couple destructeur ou de la passion qui consume tout. Ce qui l’intéressait ici, dit-elle, c’était “la possibilité de l’intensité dans la douceur” et “d’acceptation de l’autre”, avec sa complexité, ses failles, et son passé.
La réalisatrice revient d’ailleurs souvent à l’idée que vivre demande un effort permanent. Ses personnages ne cherchent pas forcément le bonheur, encore moins une forme d’accomplissement idéal, mais essayent surtout de continuer d'avancer malgré le désordre, malgré les dépendances, malgré les failles qu’ils traînent avec eux.
Et chez Jeanne Herry, cette survie passe presque toujours par les autres. Non pas comme une solution miracle ou un refuge naïf, mais comme une manière de rester relié au monde quand tout menace de se fissurer. “Moi, la vie, c’est les autres”, conclut-elle.
GARANCE en salles le 23 septembre 2026.
