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ADORABLES : Elsa Zylberstein pète les plombs face à son ado en crise

Posté par Cinéma Canal le 3 juin 2021
Pour son deuxième long-métrage, la réalisatrice belge Solance Cicurel s’intéresse aux relations très conflictuelles entre une mère célibataire et sa fille en pleine crise d’adolescence, abordées sous l’angle d’une comédie familiale grinçante.
Œil pour œil, dent pour dent

Emma (Elsa Zylberstein) est une psychologue accomplie et une adepte de concepts éducatifs comme la communication « bienveillante et non-violente » à la scandinave. Elle le jure, elle n’éduquera jamais sa fille adolescente comme sa mère (Hélène Vincent), avec qui elle était en conflit permanent lors de son propre passage à l’âge adulte. Et pendant longtemps, sa méthode a semblé fonctionner : Emma et sa fille Lila s’entendent à merveille et se répètent quotidiennement à quel point elles s’adorent. Mais quand Lila atteint l’âge fatidique de 14 ans, tout bascule.

Celle qui était une petite fille modèle est prête à tout pour sortir en boîte de nuit, et lorsque sa mère l’en empêche, la guerre est déclarée entre les deux, qui décident de se rendre coup pour coup. Soudainement, Emma abandonne tous ses principes d’éducation et se retrouve confrontée à ses contradictions, mais aussi à son passé conflictuel toujours pas digéré avec sa propre mère. Enragée de voir sa fille lui échapper, elle se met elle-même à se comporter comme une adolescente avec cette dernière, tandis que le père de Lila dont elle est séparée (Lucien Jean-Baptiste) tente tant bien que mal de réconcilier les deux.

Le show Elsa Zylberstein

Plus sombre qu’il n’en a l’air, le scénario d’ADORABLES (2020) déploie son potentiel comique grâce à l’engagement de l’actrice française, qui ne recule devant rien pour incarner ce rôle de mère qui vire détestable, voire quasiment psychopathe, face à sa fille adolescente : « Si j'étais pas non violente, je te dévisserais la gueule ! ». Elle est bien aidée par la jeune Ioni Matos, qui s’en sort très bien dans son premier rôle au cinéma, mais c’est Hélène Vincent qui régale en grand-mère tordue et clairement pas pour rien dans les névroses de sa fille psychologue, tandis que les plus jeunes seront ravis de retrouver Max Boublil et Amir (dans son propre rôle), qui jouent eux des personnages nettement plus sympathiques.

Avec ce casting, la réalisatrice belge Solange Cicurel a réussi à donner une suite digne de ce nom à son premier essai sorti en 2017 : FAUT PAS LUI DIRE, qui réunissait autour de Jenifer et Camille Chamoux un casting 100% féminin. Cette comédie romantique un peu plus légère abordait une autre question épineuse qui parle à beaucoup de monde : le mensonge amoureux. Ce premier long-métrage a remporté le prix Magritte du meilleur premier film en Belgique, un encouragement pour la réalisatrice qui exerce aussi la profession d’avocate, et qui semble donc prendre plaisir à écrire elle-même le scénario de ses films.

Quand les ados rendent fous les parents

Les comédies basées sur les embrouilles entre les parents et les enfants sont récurrentes dans le cinéma français. On se souvient qu’en 2009, le LOL de Lisa Azuelos avait rencontré un gros succès en mettant en scène Sophie Marceau dans le rôle d’une mère en conflit avec sa fille de 16 ans (Lola), jouée par Christa Theret. La réalisatrice a poursuivi dans la même veine dix ans plus tard avec MON BÉBÉ, dans lequel Sandrine Kiberlain incarne une mère confrontée au départ du foyer de sa fille de 18 ans, qui part étudier à l’étranger.

Le JALOUSE (2017) des frères Foenkinos rappelle aussi un peu ADORABLES, puisque Karin Viard y joue une mère divorcée qui devient de plus en plus maladivement jalouse de tout son entourage – en commençant par sa fille canon de 18 ans – et se transforme en une nouvelle femme comme Emma dans le long-métrage de Solange Cicurel. Enfin, dans un autre registre, le film de la réalisatrice belge rappelle aussi les coups bas que se rendent Michael Douglas et Kathleen Turner en mari et femme dont le couple explose subitement dans LA GUERRE DES ROSE (Danny DeVito, 1989), une influence revendiquée d'ADORABLES.

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