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BALLERINA : vers un John Wick Universe façon Marvel ?

Avec BALLERINA, premier spin-off cinématographique de la saga JOHN WICK, Lionsgate et Chad Stahelski franchissent un cap : faire de cet univers brutal et codifié une franchise étendue, à l'image du Marvel Cinematic Universe. Une stratégie d'expansion ambitieuse, portée par une mythologie forte, des personnages secondaires mis en lumière, et une identité visuelle marquée.

Une ambition à la Marvel : poser les bases d'un univers étendu

Avec BALLERINA, Lionsgate amorce officiellement le passage du "Wickverse" à une stratégie de franchise à la Marvel. Après quatre films centrés sur John Wick, ce spin-off élargit le champ de vision à d'autres figures du même monde, tout en respectant les fondations narratives. Situé entre JOHN WICK 3 et JOHN WICK 4, le film permet de revisiter des personnages phares comme Winston ou Charon, tout en introduisant Eve Macarro (Ana de Armas), une ballerine-assassine formée par la Ruska Roma. Ce positionnement temporel rappelle le maillage chronologique du MCU, où chaque œuvre complète les autres, tisse des passerelles et prépare les récits à venir. BALLERINA devient ainsi une pièce de puzzle, posant les jalons d'un univers partagé, prêt à se ramifier.

Un monde codifié, nourri par une mythologie riche

Ce qui fait la force du "Wickverse", c'est sa mythologie dense et ses codes rigoureux : hôtels sanctuarisés, hiérarchies secrètes, rituels d'initiation... BALLERINA approfondit cet univers en explorant la Ruska Roma, faction criminelle déjà évoquée dans les précédents films. Comme Marvel développe l'identité de Wakanda ou du S.H.I.E.L.D., Chad Stahelski mise sur la cohérence de cet écosystème. Chaque détail – costumes, armes, langage corporel – participe à construire un monde crédible et stylisé. Et comme chez Marvel, les personnages secondaires prennent de l'ampleur : ici, c'est Eve Macarro qui passe du statut de figurante à celui d'anti-héroïne principale, sur le modèle de BLACK WIDOW ou LOKI, dans un récit qui mêle vengeance, quête identitaire et loyauté familiale.

Une esthétique singulière pour une franchise à part

Là où Marvel se distingue par une uniformisation visuelle et tonale, le "Wickverse" affirme un style unique : néo-noir, chorégraphies millimétrées, violence stylisée à l'extrême. BALLERINA conserve cette signature, tout en y injectant une sensibilité nouvelle. Le ballet, élément central du film, devient métaphore de la discipline et de la rage contenue, apportant une touche féminine à un univers jusque-là très masculin. En ce sens, le film répond aussi aux enjeux actuels : féminisation de l'action, complexité des figures féminines, et diversité des points de vue. Alors que d'autres spin-offs et un JOHN WICK 5 sont déjà évoqués, la franchise s'oriente vers une expansion tentaculaire. Mais à la différence du MCU, elle garde un ancrage réaliste, brutal, presque archaïque, qui en fait toute la singularité.

JOHN WICK : BALLERINA, actuellement en salles.