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BUGONIA : explication de la fin du film. Michelle (Emma Stone) est-elle une alien ?

Yórgos Lánthimos et Emma Stone se retrouvent pour le thriller BUGONIA, disponible sur CANAL+. Entre complotisme, satire sociale et science-fiction, que raconte vraiment le film ? Voici nos explications.

BUGONIA : et de quatre pour Emma Stone et Lánthimos !

Après LA FAVORITE (2019), PAUVRES CRÉATURES (2024) et KINDS OF KINDNESS (2024), Yórgos Lánthimos et Emma Stone ont signé une quatrième collaboration avec BUGONIA (2025). Remake de la comédie noire sud-coréenne SAVE THE GREEN PLANET! (2003), le long-métrage voit Emma Stone faire face à un duo de complotistes interprétés par Jesse Plemons (déjà présent dans KINDS OF KINDNESS) et Aidan Delbis.

Dans le film, Teddy et Don sont persuadés que des extraterrestres tentent de prendre le contrôle de l’humanité. D’après Teddy, Michelle, la patronne d’une puissante entreprise pharmaceutique, est forcément l'un de ces Andromédiens.

Après l’avoir séquestrée dans une cave le crâne rasé (une transformation physique qu'Emma Stone a accepté d'effectuer à une condition) afin de l’empêcher de contacter ses semblables, ils n’hésitent pas à la torturer pour la forcer à avouer…

Durant une bonne partie du long-métrage, il semble évident que Teddy est à côté de la plaque. Si Michelle tente bien d'« avouer », il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une tentative désespérée de l’amadouer pour s’en sortir. À moins que…

Emma Stone est-elle vraiment une alien ?

Jusqu’à la fin, BUGONIA laisse imaginer que cette histoire d’Andromédiens est une pure fiction conspirationniste. Même lorsque Michelle joue parfaitement le jeu et amène Teddy dans son bureau en lui promettant d’être téléporté dans son vaisseau.

Disposant d’une ceinture d’explosifs, ce dernier accepte d’entrer dans le dressing de Michelle et attend d’être téléporté. Mais alors que la PDG s’éloigne, prête à s'enfuir, la bombe explose.

Il faut alors attendre un ultime rebondissement pour voir Michelle retourner dans son bureau, effectuer la même procédure et, cette fois, disparaître dans l'espace. Contre toute attente, elle était donc bel et bien la cheffe d’une race extraterrestre.

Et comme le pensait Teddy depuis le début, les Andromédiens communiquent effectivement grâce à leurs cheveux !

Comment se termine BUGONIA ?

Plus tôt dans le film, Michelle expliquait à Teddy que les Andromédiens n’étaient pas venus pour détruire l’humanité, mais au contraire pour la sauver. Il y a bien longtemps, après avoir causé l’extinction des dinosaures par accident, les aliens ont créé les humains à leur propre image.

En évoluant, ces derniers sont devenus de plus en plus violents et incontrôlables, provoquant d’innombrables guerres. Pour cette raison, Michelle et son peuple ont fait des essais chimiques pour tenter de « réparer » le génome humain. La mère de Teddy (Alicia Silverstone) en a été victime et s’est retrouvée plongée dans le coma.

Mais ces tests n’ayant pas été concluants, l'expérience a échoué. Michelle décide donc d’en rester là et d’éliminer définitivement l’humanité en perçant une bulle de gaz qui recouvre la Terre (montrée platement à l'écran, un clin d'œil amusant à la plus célèbre des théories du complot).

On assiste alors à l'extinction des hommes et des femmes, laissant la nature reprendre enfin ses droits.

Complotisme, écologie et capitalisme

Le dernier plan de BUGONIA s’attarde sur une abeille en train de butiner. L’image renvoie au sens du titre, qui signifie littéralement « progéniture du bœuf ». Dans l’Antiquité, on croyait en effet que les abeilles pouvaient naître du cadavre d’un bovin.

Le film montre ainsi que la vie peut se reconstruire et la planète se réparer dès lors que l'être humain disparaît. D’un point de vue écologique, BUGONIA rejette clairement la faute sur l’Homme. Sauf que le long-métrage est aussi une critique du capitalisme à travers l’entreprise de Michelle et ses expérimentations démesurées.

Enfin, tout en pointant du doigt les dérives du complotisme et l’extrémisation des esprits, le réalisateur rappelle que, parfois, même les théories les plus abracadabrantes peuvent cacher une part de vérité. Cependant, c'est avant tout aux dérives capitalistes que Lánthimos s'attaque : à travers le personnage de Teddy, victime de ce système qui n’a d’autre échappatoire que de sombrer dans le conspirationnisme, le film illustre la fracture entre les dirigeants (au sens large) et les laissés-pour-compte.

On retrouve ainsi le cynisme habituel du cinéaste, qui dénonce l’horreur humaine avec un humour noir, et en faisant se rencontrer personnages désespérés et autres impitoyables. Plus pessimiste que jamais, Lánthimos met en scène deux extrêmes incapables de communiquer et nous prédit la fin inéluctable de notre propre espèce.