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Ce blockbuster américain est en réalité l'adaptation d'une BD française !

Une planète glacée, un train, et une lutte des classes violente… SNOWPIERCER : LE TRANSPERSENEIGE a été une claque de cinéma d'anticipation en 2013. Un blockbuster américain, à voir sur CINÉ+ OCS avec CANAL+, dont l'origine est pur produit made in France !

Avant SNOWPIERCER, il y avait LE TRANSPERCENEIGE

Aujourd'hui, quand on parle de SNOWPIERCER, le grand public l'associe directement au chef-d'œuvre de Bong Joon-ho, désormais disponible sur CINÉ+ OCS avec CANAL+, ou à la série éponyme qui s'en inspire. Pourtant, rien n'aurait été possible sans Jacques Lob et Jean-Marc Rochette.

Le premier est le scénariste à l'initiative de ce monde dystopique qu'est LE TRANSPERCENEIGE et le second l'a mis entre les planches de la BD, reprenant le crayon après le décès du dessinateur initial, Alexis. En 1984, il signe ainsi un monument de la bande dessinée franco-belge, un récit en noir et blanc en huis clos où l'humanité doit affronter les conséquences de son autodestruction. Un récit noir inspiré par l'époque de la Guerre froide et de nombreuses désillusions. 

En 2004, une version peu légale du TRANSPERNEIGE tombe entre les mains d'un réalisateur de MEMORIES OF MURDER flânant dans une librairie. Il tombe immédiatement amoureux du concept d'un train filant dans la neige avec des wagons représentant des castes sociales. Le projet lui prendra quasiment dix ans à concrétiser. 

Une œuvre à part entière

Pourtant, il serait difficile à quiconque de prétendre que SNOWPIERCER singe LE TRANSPERCENEIGE tant il existe des différences fondamentales entre les deux œuvres. Dans un sens, Bong Joon-ho reprend effectivement l'idée initiale et en change tout le reste, à commencer par le nihilisme du personnage principal. Dans la BD, Protoff n'a aucun autre but que d'échapper à la puanteur de la Queue, il n'a aucune idée de ce qui se trouve au-delà et il s'en fiche. Dans le long-métrage, le leader incarné par Chris Evans entend bouleverser l'ordre établi en s'en prenant à la hiérarchie de classe, wagon après wagon. Il lance une révolte populaire. 

Une différence aussi dans le style puisque la BD retranscrit une certaine monotonie dans son train, comme si tout était vain. Là où le cinéaste sud-coréen se plaît à dépeindre des environnements parfois excessifs, comme pour marquer la disparité et créer des sortes de niveaux de jeu vidéo. 

Enfin, il reste cette fin. Là encore, LE TRANSPERCENEIGE reste fidèle à son nihilisme et nous offre une conclusion en forme d'absence de solution. Il n'y a pas de "réponse" à aller chercher. Au contraire, Bong Joon-ho préfère y voir l'origine d'un "plan" qui n'avait besoin que d'un grain de sable pour le faire dérailler. 

Ainsi, SNOWPIERCER et LE TRANSPERCENEIGE se répondent et se complètent à la fois, rendant l'adaptation tout aussi pertinente que ce qu'elle a adapté, et les deux sont à découvrir d'urgence. Pour l'un dans les librairies et pour l'autre, sur CINÉ+ OCS avec CANAL+.