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Ce film Netflix va changer votre perception de George Clooney (et même vous faire pleurer)

JAY KELLY, le nouveau film de Noah Baumbach concourt pour le Lion d’or à la 82e Mostra de Venise. Porté par George Clooney, il arrivera sur Netflix le 5 décembre, et il est très réussi. On vous en dit plus en direct de La Sérénissime.

JAY KELLY ou George Clooney face au temps qui passe

Co‑écrit avec Emily Mortimer (qui est également présente au casting), JAY KELLY est un drame introspectif dans lequel George Clooney incarne une star du cinéma international qui, arrivé à un certain âge, décide de partir en Europe pour passer du temps avec sa fille, avant qu'elle ne rentre à l'Université.

Accompagné de son manager Ron Sukenick (Adam Sandler) et de sa publiciste Liz (Laura Dern), Jay s’interroge sur sa carrière et sur l’absence au sein de sa propre famille. Noah Baumbach réunit un casting prestigieux : George Clooney, Adam Sandler, Laura Dern, Billy Crudup, Riley Keough et Grace Edwards, qui campe chacun un personnage qui gravite autour de l’acteur et qui a sacrifié une part de sa vie pour l'emmener au sommet.

La mise en abyme est assumée. George Clooney, 64 ans, dit avoir été attiré par l’idée de jouer un acteur qui se demande ce qu’il a laissé sur le bas‑côté. Dans ce récit, Jay se remémore son enfance, ses débuts, et les moments où il n’a pas vu ses filles grandir. Il découvre aussi le courage de se montrer vulnérable : ses confessions devant la caméra de Noah Baumbach révèlent un homme conscient que la célébrité n’a pas comblé ses besoins.

Autour de lui, ses proches s’épuisent : Ron, son agent dévoué, finit par craquer, Liz, son attachée de presse, cache sa fatigue derrière un sourire professionnel et sa fille aînée (Riley Keough), longtemps éclipsée, réclame enfin une place dans son univers. La relation entre George Clooney et Adam Sandler est au cœur du film, les deux hommes se renvoyant leurs regrets et leurs souvenirs comme des confessions tardives.

Un grand Noah Baumbach

Si JAY KELLY se déroule à cheval entre Hollywood et l’Europe, son ADN est profondément baumbachien. Depuis THE SQUID AND THE WHALE en 2005, le cinéaste scrute les fissures familiales et l’emprise des parents sur leurs enfants. Il s'intéresse aussi à des personnages dont l’image rêvée ne correspond pas à la réalité et qui cherchent la vérité dans leur art.

Cette quête de sincérité est manifeste dans JAY KELLY, où Clooney doit abandonner ses habitudes d’acteur pour retrouver l’homme qu’il était. Ou celui qu'il aurait dû être.

Jay se demande quel père il a été, comment sa célébrité a façonné ses filles, et pourquoi il a négligé sa famille au profit de sa carrière. Les scènes où il se confie à la caméra rappellent la franchise de MARRIAGE STORY, tandis que ses errances dans des villas italiennes évoquent la mélancolie de WHILE WE’RE YOUNG (où Baumbach filmait déjà des héros angoissés par le temps qui passe).

Le film suggère qu’il n’est jamais trop tard pour chercher à être sincère et trouver le chemin jusqu'à soi, même si cette quête expose ses failles. En cela, Baumbach signe un portrait universel des créateurs : peu importe la réussite publique, chacun reste habité par ses choix intimes et par ceux qui en ont souffert.

Le résultat est un film touchant et drôle, où l’acteur de OCEAN’S ELEVEN assume son statut d’icône vieillissante et interroge la responsabilité qui accompagne le succès. George Clooney, à qui l’on propose rarement des rôles aussi vulnérables, se met à nu et rappelle qu’il est aussi un acteur dramatique subtil

JAY KELLY sera disponible sur Netflix le 5 décembre.