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Chérie, Jan Kounen a rétréci Jean Dujardin !

Pari technique et cinématographique osé, le réalisateur français adapte à la surprise générale L’HOMME QUI RETRECIT, le film fantastique de Jack Arnold qui avait fasciné le monde entier en 1957. C’est Jean Dujardin qui a accepté de se faire tout petit...

Comment survivre quand on ne mesure plus que quelques centimètres ?

Pour bien faire, ce texte aurait dû être écrit en écriture pattes de mouches. Malheureusement pour des raisons techniques, cela n’a pas été possible. Le réalisateur de L'HOMME QUI RETRECIT, Jan Kounen ne s’arrête pas, lui, à ce genre de détail.

Après avoir secoué le monde du cinéma avec son premier film DOBERMANN, puis fait halluciner le public français avec son western psychédélique BLUEBERRY, L’EXPERIENCE SECRETE ou s’être attaqué à un mythe dans COCO CHANEL ET IGOR STRAVINSKY, il effectue un voyage dans le temps aux origines du cinéma fantastique. Non seulement, il fait un remake d’un chef-d'œuvre du cinéma, L’HOMME QUI RETRECIT, film de Jack Arnold en 1957, mais il reprend à la lettre le livre de Richard Matheson à l’origine du scénario. Mais, plutôt que d’en faire un petit film de série B, le producteur, un certain Jean Dujardin, va lui-même endosser le rôle et ainsi mettre en lumière le film.

Et il prend le personnage à bras-le-corps en insistant contrairement au film original, sur le glissement progressif vers le rétrécissement de Paul. À l’instar de certains films d’Hitchcock ou de LA MOUSTACHE, le film et roman d’Emmanuel Carrère, l’extraordinaire anomalie semble dans un premier temps seule percevable par celui qui la subit. Alors que son entourage tente de le rassurer -

« Tu te tasses un peu, c’est normal, c’est l’âge... » -, Paul voit bien qu’il perd de jour en jours des centimètres. Ainsi, il commence par se demander s’il n’est pas en train de devenir parano ou s’il ne s’agit pas d’un complot...

Paul hallucine-t-il ? Est-il parano ? Ou est-ce qu’il y a une explication rationnelle

Jusqu’au moment où littéralement devenu minuscule, sa maison se transforme soudain en territoire hostile et potentiellement mortel. En particulier, certains de ses occupants comme son chat et les insectes qui deviennent géants pour lui. Dès lors commence une étourdissante série de plans rendus fantastiques par un changement d'échelle et de perspective.

Contrairement au film originel, la grille de lecture est bien plus complexe qu’une simple opposition entre le grand et le petit grâce à des effets spéciaux hors pair, l’aspect psychologique de la chute du personnage principal compte énormément. Est-ce que Paul rétrécit parce qu’on ne le voit plus ? Parce que le monde le dépasse désormais en tout point ? Est-ce que la personnalité de sa femme l’écrase ?

Une fois réduit à la taille d’une figurine, il peut enfin se cacher et réfléchir au sens de cette nouvelle identité. On note que Jean Dujardin, acteur qui décidément n’a peur de rien, avait déjà joué un personnage de petite taille - 1m36 - dans UN HOMME A LA HAUTEUR de Laurent Tirard. Mais cette fois-ci, il ne s’agit plus de séduire Virginie Efira mais tout simplement de survivre en tentant de trouver l’explication au phénomène. Afin de l’inverser.